4 mars 2009
Mort d'Ashley Smith: Les services correctionnels dénoncés3 mars 2009
![]() Santé mentale et prison Images troublantesMise à jour le vendredi 8 janvier 2010 à 15 h 39 Exclusif
Des images exclusives obtenues par le réseau anglais de Radio-Canada montrent le traitement auquel a eu droit la jeune Ashley Smith en prison, avant d'être retrouvée pendue dans sa cellule en octobre 2007. Le débat est relancé: les détenus qui souffrent de problèmes de santé mentale peuvent-ils recevoir les soins nécessaires des services correctionnels canadiens? Le reportage, qui sera diffusé vendredi à l'émission Fifth Estate à CBC, s'ouvre sur Coralee Smith, la mère d'Ashley. Mélancolique et inconsolable, elle sort une poupée d'un placard... Coralee fétichise pratiquement tous les effets ayant appartenu à sa fille. Elle vit dans le souvenir de celle-ci et raconte comment Ashley était joyeuse... avant ses problèmes d'adolescente.
La Néo-Brunswickoise Ashley Smith s'est retrouvée en prison à l'âge de 15 ans pour un délit mineur. Dès l'arrivée de l'adolescente en prison, les troubles ont commencé. Des problèmes d'insubordination. Dès lors, la jeune fille a été ballotée d'établissement en établissement, passant la majeure partie de son temps en isolement. Ashley Smith aimait provoquer les gardiens, apprend-on dans le reportage. D'après plusieurs spécialistes, c'était sa façon d'appeler au secours. Dans une séquence du reportage, on voit sur des images choquantes les gardiens envelopper Ashley Smith de force dans une sorte de couverture qu'ils appelaient « the wrap ». Puis sa cellule est saupoudrée de poivre de Cayenne. On voit également les gardiens user du pistolet Taser contre Ashley, et cela à deux reprises dans le même mois. Ashley Smith est même allée jusqu'à tenter de se pendre à plusieurs reprises, sans doute pour attirer l'attention des gardiens.
À l'établissement pour femmes de Kitchener, en Ontario, on a utilisé la force 150 fois pour répondre aux besoins de cette adolescente abandonnique. En définitive, les gardiens ont reçu l'ordre de ne plus intervenir, comme le soutient le Syndicat des agents correctionnels du Canada. « Vous n'entrez pas tant qu'elle respire encore. Si vous le faites, il y aura des conséquences sur votre carrière, peut-être même un congédiement », raconte Jason Godin, président du Syndicat des agents correctionnels du Canada, section Ontario. Ashley Smith a finalement réussi à se pendre dans sa cellule, sous l'oeil des gardiens, en octobre 2007. Elle avait 19 ans. « Qui a donné l'ordre de la laisser en isolement si longtemps? Qui a donné l'ordre de ne pas intervenir tant qu'elle respirait encore? » demande Coralee Smith. C'est pour cette raison que les parents d'Ashley poursuivent le gouvernement fédéral. Ils croient que la mort de leur fille aurait pu être évitée si elle avait reçu les traitements adéquats.
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