Commémorations d'une tragédie

Plaque commémorative des victimes de Polytechnique Plaque commémorative des victimes de Polytechnique   © Louis-André Bertrand

Des centaines de personnes, hommes et femmes, ont formé une longue chaîne dans un parc du centre-ville de Montréal pour honorer la mémoire des 14 jeunes femmes tuées il y 20 ans lors du drame de Polytechnique.

Cérémonie privée pour les proches, grands rassemblements populaires et événements académiques soulignent le 20e anniversaire de l'assassinat de 14 jeunes femmes, il y a 20 ans, à Polytechnique.

Par ailleurs, à la basilique Notre-Dame, les familles des victimes du 6 décembre, leurs proches, le personnel de la Polytechnique et les aspirants-ingénieurs de l'école participaient en milieu d'après-midi à une cérémonie privée.

Le 6 décembre 1989, Marc Lépine, 25 ans, armé d'un fusil semi-automatique, pénétrait dans la Polytechnique où il assassina 14 femmes, blessant aussi 14 autres personnes, avant de s'enlever la vie. Tant dans une lettre qu'aux étudiantes qu'il menaçait de son arme, il a clamé sa haine des féministes.

Sur la place Émilie-Gamelin, la présidente de la Fédération des femmes du Québec Alexa Conradi, qui coordonne la campagne des 12 jours d'actions contre la violence faite aux femmes, a rappelé que la violence sexiste demeure un problème social majeur.

« La violence faite aux femmes est encore si répandue qu'elle devrait faire l'objet d'une mobilisation sociale et politique majeure. » — Alexa Conradi

Le mouvement féministe, rappelle-t-elle, propose des solutions pour « enrayer le fléau ».

Ellen Gabriel, présidente de Femmes autochtones du Québec (FAQ), a pour sa part pressé Québec de prendre davantage au sérieux la violence faite aux femmes autochtones.

Plusieurs personnalités politiques étaient sur place, notamment le chef du Bloc Québécois Gilles Duceppe et la chef du Parti québécois, Pauline Marois. Cette dernière a avancé que le Québec devrait prendre en charge le registre des armes à feu, si Ottawa persiste dans sa volonté de l'abolir.

Ce programme avait été adopté par le gouvernement de Jean Chrétien, en réponse aux pressions de militants déterminés à empêcher que se reproduise un drame similaire à Polytechnique.

Activités liées à la commémoration

À l'Université du Québec à Montréal, les participants au colloque international sur la tuerie de l'École polytechnique sont quant à eux réunis pour une dernière journée.

Témoignage d'un professeur et d'une étudiante, présents lors de la tragédie à Polytechnique

Cette activité explore différents aspects de la violence envers les femmes, de même que les moyens pour y mettre un terme, comme le registre fédéral des armes à feu, adopté dans la foulée de la tuerie.

Pour souligner ce triste anniversaire, Dimanche magazine propose les témoignages d'Yvon Bouchard, professeur de la classe où Marc Lépine a tué six femmes avant de poursuivre son carnage ailleurs dans l'établissement, et de Nathalie Provost, une étudiante qui a survécu à ce 6 décembre meurtrier.

Ailleurs au pays

D'autres conférences auront lieu ailleurs au pays, notamment à Vancouver et à Fredericton.

À Ottawa, un groupe de femmes se réunira en soirée devant le monument des femmes dans le parc Minto.

Les drapeaux de plusieurs installations, dont toutes celles de la Ville d'Ottawa, seront également en berne en ce jour de commémoration et d'action contre la violence faite aux femmes.