Les services correctionnels du ministère de la Sécurité publique du Québec viennent de signer une entente avec l'École nationale de police du Québec afin de mieux former les futurs gardiens de prison.
Même si les services correctionnels du Québec s'entendent avec l'École nationale de police pour mieux former les futurs gardiens de prison, cela ne suffira pas à combler les faiblesses du personnel en santé mentale, comme le montre l'émission Enquête.
Toutefois, cela ne suffira pas à combler les graves lacunes du personnel en santé mentale. Une situation qui entraîne des conséquences tragiques et que dénoncent les gardiens de prison et les policiers dans un reportage qui sera diffusé jeudi à l'émission Enquête.
Chaque année, au moins 3500 détenus ayant des problèmes de santé mentale entrent dans des prisons déjà surpeuplées. La situation est telle qu'« il y a des secteurs complets dans nos établissements, c'est des gens perturbés mentalement », dit Stéphane Lemaire, président du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec.
À l'arrivée massive de ces détenus dans les prisons s'ajoute le fait que les gardiens ne sont pas formés pour reconnaître les problèmes de santé mentale et intervenir adéquatement. « Souvent, on a vu quelqu'un qui a six mois d'ancienneté procéder à la formation d'un nouveau qui arrive. C'est un peu [...] des aveugles qui guident d'autres aveugles », poursuit M. Lemaire.
Le Québec accuse aussi un retard important sur les autres provinces canadiennes dans la formation de ses policiers pour faire face à ces problèmes. Par exemple, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), qui possède un des rares agents spécialisés en santé mentale, n'a donné qu'une journée de formation à seulement 20 % de ses patrouilleurs.
« Malheureusement, en santé mentale, ou en psychiatrie, ce n'est pas une journée, c'est une semaine, deux semaines, trois semaines de formation, c'est ça que nous [avons] besoin », déplore Michael Arruda, du SPVM.
La protectrice du citoyen se penche actuellement sur le traitement des détenus affectés par des problèmes de santé mentale. Son rapport sera déposé à l'Assemblée nationale prochainement. Elle a d'ores et déjà prévenu que les promesses ne suffiront pas et qu'elle s'attend à des changements concrets.
Le reportage complet de Sylvie Fournier sera diffusé à l'émission Enquête, jeudi 20 h à Radio-Canada.