Le front commun se mobilise

L'affiche du Front commun

Les trois centrales syndicales terminent leur tournée régionale au CEPSUM de l'Université de Montréal, où sont réunis des milliers de travailleurs. Les syndicats déposeront vendredi leurs demandes communes au Conseil du Trésor.

Des milliers de syndiqués se sont réunis à Montréal, jeudi soir, à la veille du dépôt officiel des demandes du front commun des secteurs public et parapublic. Selon les estimations des organisateurs, ils étaient plus de 5000 à avoir convergé au Centre d'éducation physique et des sports de l'Université de Montréal (CEPSUM).

À 21 h, quelques minutes avant la fin de la soirée, une centaine d'internautes regardaient toujours en direct cette soirée de mobilisation, qui était également diffusée sur le web.

Ce rassemblement est le dernier d'une série de réunions dans les régions du Québec. Il est assez rare que les syndicats de toutes les centrales se regroupent, non pas pour manifester mais pour participer à un rassemblement de mobilisation. « C'est arrivé assez rarement et, surtout, ce n'est jamais arrivé au moment de l'ouverture d'une négociation », a déclaré la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, à la Presse Canadienne en entrevue au cours de la soirée, qui s'est déroulée dans une ambiance festive.

« Le moral est là et les gens savent qu'ils sont sous-payés », a de son côté soutenu le président de la FTQ, Michel Arsenault, en entrevue. « Les gens savent que l'État n'a pas le choix; il faut rémunérer les employés de l'État correctement. Il y a un réajustement à apporter. »

Le front commun du Secrétariat intersyndical des services publics (SISP), de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) est d'une rare ampleur. Il regroupe 475 000 des 540 000 travailleurs de l'État, dont les infirmières et plusieurs de leurs collègues de la santé, les enseignants et les fonctionnaires.

Parmi les groupes absents de cette coalition, on compte notamment les ingénieurs du gouvernement et les syndicats de policiers.

Leurs représentants déposeront officiellement les demandes syndicales communes à tous les salariés, telles que les salaires et le régime de retraite, vendredi, au Conseil du trésor. Ils réclameront des augmentations salariales de 11,25 % sur trois ans comprenant une hausse annuelle de 2 %, assortie d'un rattrapage de 1,75 %.

Les demandes sectorielles seront ensuite déposées au cours des jours suivants.

Le secteur de l'éducation fait connaître ses demandes

École

Par ailleurs, les trois fédérations du secteur de l'éducation de la Centrale des syndicats du Québec, chapeautée par le SISP, ont déjà fait état de leurs revendications.

Leurs quelque 100 000 membres réclament notamment une limite du nombre d'élèves en difficulté intégrés dans les classes et des balises à leur intégration, l'élaboration d'un mécanisme pour faciliter le suivi des élèves à risque ainsi que davantage de permanences.

Pour l'ensemble de la province, il faudrait en outre, selon eux, 1300 professionnels de l'éducation de plus, essentiellement des psychologues, des psycho-éducateurs, des orthophonistes, des orthopédagogues, des travailleurs sociaux ainsi que des ergothérapeutes.

Notons que neuf syndicats qui ont quitté la CSQ pour former la Fédération autonome de l'enseignement ont leur propre table de négociations et leurs propres revendications qui, dans certains cas, recoupent celles des fédérations de la CSQ.

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