L'infirmière Christine Melanson prépare une dose contre la grippe H1N1 à l'Hôpital Dr. Everett Chalmers à Fredericton, au Nouveau-Brunswick.
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PC/David Smith
La campagne de vaccination contre la grippe A (H1N1) a commencé à peu près partout au Canada. Si les travailleurs de la santé du Nouveau-Brunswick ont été les premiers au pays à relever leur manche pour recevoir le vaccin contre la grippe A, jeudi dernier, ceux des autres provinces vont maintenant suivre à tour de rôle.
Le Canada se lance dans une campagne de vaccination sans précédent. Les travailleurs de la santé et des services d'urgence seront d'abord vaccinés. Le ministre de la Santé du Québec a tenu à donner l'exemple.
Suivront dans l'ordre le personnel d'urgence et les travailleurs de services considérés essentiels au bon fonctionnement de la société: les pompiers, les policiers, les ambulanciers, ainsi que les chauffeurs d'autobus. Les personnes qui sont le plus à risque de vivre des complications seront vaccinées ensuite.
Les femmes enceintes devraient normalement attendre le vaccin sans adjuvant, qui n'a pas encore été homologué par Santé Canada. Dans toutes les provinces, les autorités de la santé publique doivent composer avec le même problème, celui de la pénurie des doses de vaccins.
Au Québec, seules 400 000 doses pourront être administrées cette semaine. En Ontario, ce nombre grimpe à 722 000. Le gouvernement fédéral prévoit envoyer 3 millions de doses de plus par semaine aux provinces.
Les élus donnent l'exemple
Question de donner l'exemple, le ministre de la Santé du Québec, Yves Bolduc, s'est fait vacciner.
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PC/Ryan Remiorz
Cette situation force les autorités à faire des choix, qui changent quelque peu d'une province à l'autre. Le Québec, par exemple, compte vacciner dès cette semaine les grands malades hospitalisés ou hébergés en établissements. Au Nouveau-Brunswick, la liste comprend plutôt les autochtones et les enfants d'âge scolaire.
En Colombie-Britannique, les choix sont autres : les gens de plus de 65 ans, les communautés isolées et les femmes enceintes qui ne veulent pas attendre l'arrivée du vaccin sans adjuvant sont considérés comme des clientèles prioritaires. L'Ontario fait de même, mais ajoute les enfants de moins de 5 ans à la liste.
Partout au pays, les autorités de la santé doivent maintenant convaincre la population de se faire vacciner. Au Québec, les politiciens et les responsables de la santé publique sont déjà sur toutes les tribunes pour inciter les gens à recevoir le vaccin dans les centres de vaccination mis sur pied à cette fin.
« On doit laisser les croyances personnelles de côté et écouter les évidences scientifiques. Il est prouvé scientifiquement que c'est la bonne chose à faire pour le personnel de la santé et c'est la même chose pour toute la population », a déclaré le ministre de la Santé du Québec, Yves Bolduc, dimanche, sur les ondes de RDI.
Celui-ci a d'ailleurs prêché par l'exemple en recevant lundi, sous le regard des médias, son vaccin. Le député péquiste responsable des dossiers de santé, Bernard Drainville, et le député de Québec solidaire, Amir Khadir, se sont également fait vacciner à l'Hôpital Pierre-Boucher de Longueuil.
À Ottawa, les chefs des partis ont indiqué qu'ils se feront aussi vacciner. Le bureau du premier ministre a confirmé que ce sera le cas pour Stephen Harper et sa famille. Même chose en ce qui concerne les chefs des partis de l'opposition, le libéral Michael Ignatieff, le bloquiste Gilles Duceppe et le néo-démocrate Jack Layton. La ministre fédérale de la Santé, Leona Aglukkaq a aussi signalé son intention de recevoir le vaccin.
Bien que le virus ne nécessite une hospitalisation que dans quelques cas, le ministre Bolduc a rappelé qu'une pandémie de grippe « peut atteindre 30 % à 35 % de la population. [...] On parle d'une possibilité de 7000 à 8000 morts advenant le cas que ça devienne critique ».
Le premier ministre Charest incite lui aussi les Québécois à se faire vacciner. Il a déclaré en fin de semaine qu'il se fera vacciner ainsi que toute sa famille. L'objectif du gouvernement est que 75 % à 80 % des Québécois soient vaccinés.
