Un recours collectif sera entendu

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Un recours collectif de parents d'enfants dyslexiques commencera à être entendu mercredi à Montréal. Les parents poursuivent le ministère de l'Éducation du Québec et cinq commissions scolaires de la grande région de Montréal.

Des parents d'enfants dyslexiques poursuivent le gouvernement du Québec et cinq commissions scolaires de la région de Montréal pour n'avoir pas dépisté à temps le problème de leur enfant.

Ils reprochent aux écoles de ne pas avoir dépisté à temps le problème de leur enfant et de ne pas avoir fourni les services requis pour qu'ils réussissent leur scolarité.

Par exemple, des parents reprochent à des écoles d'avoir considéré le problème de leur enfant dyslexique comme un manque de maturité qui allait passer avec l'âge, les obligeant à débourser des sommes importantes pour obtenir une évaluation en clinique privée.

D'autant plus, disent les parents, que plusieurs écoles ne semblent pas avoir la volonté de régler les problèmes de dyslexie des élèves, car cela nécessiterait de mettre à la disposition des jeunes des services spécialisés, comme des orthopédagogues et des psychologues, ce qui entraînerait des coûts importants.

Les parents pressent donc le gouvernement d'implanter un dépistage systématique de la dyslexie au Québec.

Selon les spécialistes, il est primordial de dépister rapidement les difficultés d'apprentissage des élèves.

« Les études indiquent que le plus tôt on intervient, le mieux c'est. Parce qu'il y aurait une période critique pendant laquelle le cerveau du jeune répondrait mieux à l'intervention. Et ce qu'on préconise maintenant, c'est dès la maternelle, d'avoir une intervention rapide. [...] Avoir un diagnostic ferme et clair à la fin de la 2e année, c'est déjà trop tard dans la plupart des cas », dit le neuropsychologue Dave Ellemberg.

Un exemple en Abitibi

Même s'il n'existe pas de dépistage systématique de la dyslexie au Québec, certaines commissions scolaires le font. Ainsi, la commission scolaire de l'Or et des Bois, en Abitibi, a adapté un outil ontarien à ses besoins. L'outil, appelé DIDIER, sert à reconnaître, dès la maternelle, les enfants qui risquent d'avoir des difficultés avec la lecture et l'écriture.

L'outil consiste en une grille qui mesure cinq aptitudes des élèves. L'enseignante ou l'enseignant doit remplir la grille deux fois dans l'année pour chaque élève. La grille est très efficace, car elle a permis de déceler 90 % des enfants en difficulté, ce qui permet aux enseignants d'agir très vite et de choisir, dès la maternelle, des activités dans le but de s'attaquer aux faiblesses des élèves.

On estime que de 3 % à 10 % de la population souffre de dyslexie.

Qu'est-ce que la dyslexie?La dyslexie est une condition héréditaire qui rend extrêmement difficiles la lecture, l'écriture et l'épellation dans la langue maternelle, et ce, en dépit d'une intelligence moyenne ou supérieure, une bonne éducation et des conditions socioculturelles adéquates.

La dyslexie découle d'une différence neurologique, c'est-à-dire un fonctionnement différent du cerveau. Les personnes dyslexiques ont un hémisphère cérébral droit plus grand que celui des lecteurs dits « normaux ». Cela peut expliquer le fait que les personnes dyslexiques ont souvent du talent dans des domaines contrôlés par l'hémisphère droit, comme les arts, les sports, la mécanique, la musique, la visualisation tridimensionnelle, la créativité dans la résolution de problèmes et l'intuition des relations humaines.

Les personnes dyslexiques n'utilisent pas la partie du cerveau constamment associée à la lecture chez les autres types de lecteurs.

Les enfants qui manquent de conscience phonémique (liée à l'apprentissage de la lecture) sont incapables de distinguer ou de manipuler les différents sons qui composent les syllabes ou les mots parlés.

Source: Centre canadien de la dyslexie

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