Des citoyens profitent du passage du PDG d'Hydro-Québec en commission parlementaire pour réclamer un moratoire sur la construction de parcs d'éoliennes au Québec, une demande rejetée par le gouvernement Charest.
Le PDG d'Hydro-Québec, Thierry Vandal, a de nouveau été placé sur la défensive, mercredi, en marge de la commission parlementaire sur l'énergie qui se penche sur le plan stratégique de la société d'État pour les cinq prochaines années. Des citoyens d'une dizaine de municipalités ont profité de l'occasion pour témoigner leur colère face à l'implantation d'éoliennes dans leurs régions.
Les manifestants, qui étaient une vingtaine, ont réclamé un moratoire sur les projets de parcs d'éoliennes. Martelant leur opposition, ils ont essentiellement déploré le manque de consultation et les effets de tels projets sur le paysage. Un citoyen a même soutenu que les opposants de sa région avaient été victimes d'intimidation.
Les citoyens estiment avoir été trahis par leurs élus régionaux, qui ont selon eux été aveuglés par des redevances. Ils sont également déçus par l'attitude d'Hydro-Québec et du gouvernement Charest, qui avait pourtant promis de ne pas construire d'éoliennes sans acceptation sociale dans les milieux.
En commission parlementaire, le député péquiste Sylvain Gaudreault, de Jonquière, a d'ailleurs déploré le fait qu'on n'ait pas au préalable cherché l'adhésion des communautés. De son côté, le haut dirigeant d'Hydro-Québec s'est dégagé de toute responsabilité, faisant valoir que les projets ne relèvent pas de lui et que ce sont les promoteurs qui en sont responsables.
Après la tenue de la commission parlementaire, les mécontents ont pu rencontrer la ministre des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau, pour lui présenter leurs doléances. La ministre a réaffirmé qu'aucun projet n'irait de l'avant sans l'accord des communautés et qu'elle se réservait même le droit de renverser au besoin certaines décisions.
Elle a cependant fermé la porte à un moratoire pour le moment, préférant laisser le processus d'audiences publiques suivre son cours. Les opposants promettent toutefois de poursuivre leur lutte contre vents et marées.
Des promoteurs privés préparent actuellement une quinzaine de projets d'éoliennes à travers le Québec, pour un total de 2000 mégawatts d'électricité.