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SociétéRévélations de l'émission Enquête

La FTQ se défend bec et ongles

Mise à jour le vendredi 25 septembre 2009 à 21 h 06

Le Fonds de solidarité de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) a nié en bloc les révélations du reportage de l'émission Enquête, diffusée jeudi soir, sur ses liens présumés avec le crime organisé.

En entrevue à RDI, vendredi matin, le président de la FTQ et président du conseil d'admistration du Fonds de solidarité, Michel Arsenault, a vivement défendu le Fonds et remis en question le reportage d'Enquête.

Ainsi, il a vivement mis en doute la crédibilité des gens rencontrés par l'équipe de journalistes de Radio-Canada pour faire le reportage.

« Ce sont d'anciens dirigeants, supposément d'anciens dirigeants, cachés en arrière d'une couverte, des gens sans couilles. [...] C'est difficile pour moi de commenter des gens qui se cachent derrière les couvertes.... On a dû, durant les dernières années, congédier quelques traîne-savates. Et j'ai de bonnes raisons de penser que ce sont ces traîne-savates qui se sont cachés derrière le rideau pour nous dénigrer », a-t-il dit.

Michel Arsenault, président de la FTQ, en entrevue à RDI

Michel Arsenault, président de la FTQ

M. Arsenault s'en est aussi pris aux méthodes d'enquête des journalistes. « Mon adjoint a été enregistré à son insu pendant neuf mois. Votre collègue Alain Gravel nous a avisés de ça. Il nous avait dit au début qu'on pourrait écouter les enregistrements, et quand ç'a été le temps de nous les faire parvenir, il a refusé de nous les faire parvenir. Ce sont des techniques que moi je désapprouve. Je crois que ce n'est pas correct d'enregistrer les gens à leur insu. Ce n'est pas correct non plus, à quelques occasions, de tricher (sic) les enregistrements, et c'est la raison pour laquelle on se plaint à l'ombudsman de Radio-Canada », a-t-il ajouté.

Puis, niant tout favoritisme, le président de la FTQ a vanté l'administration du Fonds, dont chaque décision est analysée par des experts.

« On a créé plus de 140 000 emplois au Québec. [...] On est pris toujours avec deux missions: maintenir et créer de l'emploi au Québec et avoir du rendement pour nos actionnaires. Je trouve qu'on fait bien ça, lorsqu'on compare notre bilan. On a retrouvé le chemin de la rentabilité dans une année de crise épouvantable. On a fait mieux que Teachers, mieux que la Caisse de dépôt, mieux même que le gourou Warren Buffett aux États-Unis. Je suis fier de ce qu'on fait. »

Radio-Canada: Alain Saulnier défend ses journalistes

Alain Saulnier, directeur de l'information à Radio-Canada.

Alain Saulnier, directeur de l'information à Radio-Canada.

Questionné sur les méthodes de travail des journalistes d'Enquête, le directeur de l'information à Radio-Canada, Alain Saulnier, a déclaré qu'il appuyait totalement leur travail.

« Quand Radio-Canada décide de diffuser une émission comme celle-là, comme Enquête, c'est qu'on considère que le travail journalistique qui a été accompli là-dedans a été rigoureux et correspond aux standards journalistiques que Radio-Canada a toujours établis pour ce type d'émission là. On ne l'aurait pas diffusé si on n'avait pas été derrière cette émission-là ».

Dans le reportage de l'émission Enquête, on peut entendre des extraits de conversation téléphonique de Gilles Audette, le bras droit du président de la FTQ, reconnaissant l'existence de liens entre le Fonds et le crime organisé. C'est le directeur d'une association de mécaniciens, Ken Pereira, qui a remis les documents audio au journaliste Alain Gravel.

Le reportage faisait également état de traitements de faveur accordés aux entreprises de Tony Accurso, propriétaire notamment de l'entreprise Simard-Beaudry, qui faisait partie du consortium ayant obtenu le contrat désormais annulé des compteurs d'eau de la Ville de Montréal.

Immédiatement après la diffusion de l'émission, jeudi soir, le Fonds de solidarité FTQ a répliqué, dans un communiqué, qu'il « n'octroie aucun passe-droit à quelque entrepreneur que ce soit et il n'est nullement infiltré par le crime organisé. Tous les projets d'investissement suivent un processus rigoureux et sont scrutés à la loupe ».

Parlant d'un traitement « partial, tendancieux, voire calomnieux » et « volontairement incomplet », ainsi que d'une « information de type spectacle », le Fonds a indiqué qu'il avait déposé une plainte à l'ombudsman de Radio-Canada. Il dénonce le traitement qui lui est réservé par l'émission Enquête depuis le printemps dernier.

Dans une vidéo diffusée sur YouTube, le président de la FTQ, Michel Arsenault, défend aussi l'institution.

« L'émission Enquête a décidé de continuer sur sa lancée par un traitement journalistique douteux, par une utilisation abondante d'allégations, d'insinuations, de culpabilités présumées par association. On monte en épingle des situations que nous avons pourtant réglées il y a belle lurette. [...] Nous allons coopérer à toute enquête sérieuse des autorités policières. Après plus de deux ans d'enquête, il va falloir que cela aboutisse, que des accusations formelles soient portées, ou encore qu'on cesse ce cirque médiatique qui a des odeurs d'égout », déclare-t-il dans la vidéo.

De son côté, jeudi, le ministre des Finances du Québec, Raymond Bachand, lui-même ancien PDG du Fonds de solidarité de la FTQ de 1997 à 2001, a nié que Tony Accurso ait reçu un traitement de faveur.

Gilles Audette a tenté, sans succès, d'obtenir une injonction contre Radio-Canada et le journaliste Alain Gravel pour empêcher la diffusion d'extraits des enregistrements. La Cour supérieure du Québec a rejeté la requête mercredi.

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audio-vidéo Émission
Le Fonds sous influence

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