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SociétéFTQ-Construction

Rejet d'une injonction contre Radio-Canada

Mise à jour le mercredi 23 septembre 2009 à 22 h 16

La Cour supérieure du Québec a rejeté, mercredi matin, l'injonction demandée par Gilles Audette contre Radio-Canada et le journaliste Alain Gravel.

M. Audette, bras droit du président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), Michel Arsenault, souhaitait interdire la diffusion de ses propos dans un reportage de l'émission Enquête, de Radio-Canada.

Lesdits propos de Gilles Audette ont été enregistrés par Ken Pereira, directeur d'une association de mécaniciens. Ce dernier a ensuite remis les enregistrements à Alain Gravel.

M. Audette dit avoir été enregistré à son insu, sans son consentement. Il affirme avoir dit à M. Pereira qu'il ne voulait pas être enregistré. Gilles Audette estime qu'il y a eu violation de son droit à la vie privée.

Le juge statue toutefois que, dans un premier temps, les enregistrements ont été réalisés en toute légalité. Il estime également qu'il ne s'agit pas d'une violation du droit à la vie privée, mais plutôt d'une affaire d'intérêt public.

Dans son jugement, il explique qu'« est d'intérêt public ce qui concerne l'administration et la gestion d'un syndicat aussi important que la FTQ, ainsi que ses relations avec les entrepreneurs de la construction ».

Le jugement statue « qu'il existe bien un conflit réel et important au sein de la FTQ qui fait déjà l'objet d'une couverture médiatique » et que M. Audette y est « partie prenante », parce qu'il est l'attaché politique de Michel Arsenault.

Les propos de Gilles Audette seront donc bel et bien diffusés dans le reportage d'Alain Gravel, jeudi soir, à la télévision de Radio-Canada. Plusieurs estiment que ce jugement est une nouvelle victoire pour la liberté de la presse.

Démenti du DG de la FTQ

Le nouveau directeur général de la FTQ-Construction, Richard Goyette, dément les informations contenues dans le reportage de Radio-Canada qui affirme que son élection a été facilitée par une intervention de membres des Hells Angels.

En novembre 2008, trois candidats briguaient la succession de Jocelyn Dupuis, forcé de démissionner pour une question de comptes de dépense. L'un de ces candidats, Dominic Bérubé, s'est retiré au dernier moment. Le reportage d'Enquête soutient que l'ancien directeur général aurait fait appel à un membre des Hells Angels pour inciter Dominic Bérubé à se désister et à voter pour Richard Goyette.

Ce dernier soutient qu'il s'agit de mensonges. « Je n'ai jamais vu ça, qu'on prenne pour vrai tout ce qui peut se dire sans démontrer la preuve », a-t-il affirmé. Richard Goyette dit penser que « les médias ont un problème d'éthique ».

Interpellé sur la question à l'Assemblée nationale, le ministre de la Sécurité publique du Québec, Jacques Dupuis, a de son côté fait savoir que le gouvernement n'écartait pas la possibilité d'ouvrir une enquête publique sur l'industrie de la construction. « Il y a actuellement des enquêtes policières dans ce domaine-là, je n'ai jamais dit et le gouvernement n'a jamais dit qu'il fermait la porte à une enquête publique, cela reste dans le domaine des hypothèses pour l'instant », a-t-il déclaré.

L'Action démocratique du Québec a déposé mercredi une motion pressant le gouvernement de créer une « commission d'enquête publique et indépendante afin de faire la lumière sur les allégations de corruption, de malversation, de collusion et d'infiltration du crime organisé dans le domaine de la construction au Québec ».