Sous le régime de Maurice Duplessis, le paternalisme imprègne la société québécoise. La femme n'a pas d'égalité juridique et ne peut même pas signer un bail de logement.
Au début des années 1960, le Québec entre dans une phase de mutation sociale.
L'influence du clergé diminue
L'Église catholique se modernise dans la foulée du concile Vatican II, mais elle voit son autorité fondre après la parution de l'encyclique Humanae Vitae, qui condamne la contraception. À partir de ce moment, la pratique religieuse chute et les rangs du clergé s'éclaircissent.
« Enfin, on peut comprendre ce qui se passe! », répond un fidèle à la journaliste de Radio-Canada qui lui demande ce qu'il pense de la messe désormais dite en français. (L'abandon de la messe en latin: Archives de Radio-Canada.ca)
Le pape Paul VI s'adresse à l'équipe de hockey olympique du Canada en 1964.
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La femme prend sa place
Pendant la même période, les femmes revendiquent de plus en plus leur place. En 1961, Claire Kirkland-Casgrain est élue lors d'élections partielles, devenant ainsi la première femme à siéger à l'Assemblée législative (devenue l'Assemblée nationale du Québec en 1968). En 1962, elle devient la première femme à occuper des fonctions ministérielles.
En 1964, Claire Kirkland-Casgrain présente un projet de loi pour mettre un terme à l'incapacité juridique de la femme mariée.
La loi 16 adoptée le 1er juillet 1964 transforme le statut légal des femmes mariées qui accèdent à l'égalité juridique avec leur conjoint. Une femme n'est plus tenue de présenter la signature de son mari pour effectuer des transactions courantes. Toutefois, dans la pratique, les notaires ou les directeurs de banque continuent à réclamer la signature du mari.
Dès 1960, une petite pilule est commercialisée. Très vite, son utilisation se répand malgré la réprobation de l'Église catholique. Il faudra néanmoins attendre neuf années pour que son utilisation, à des fins contraceptives, soit admise par la loi. Découverte fondamentale du XXe siècle, la pilule contraceptive permet à la femme de se réapproprier son corps et de redéfinir son rôle au sein de la société.
En avril 1966, à l'initiative de Thérèse Casgrain, la Fédération des femmes du Québec (FFQ) est créée afin de défendre les intérêts et les droits des femmes.
Du côté d'Ottawa, en juillet 1968, on légalise et on rend plus simple le divorce, qui peut être obtenu pour raison d'échec du mariage.
En juillet 1973, peu de temps avant d'être nommée juge de la cour provinciale, Claire Kirkland-Casgrain soumet le projet de loi 63, à l'origine de la création du Conseil du statut de la femme.