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SociétéInfections nosocomiales

Québec refuse d'étendre son plan

Mise à jour le vendredi 17 juillet 2009 à 22 h 31

La Dre Lise-Andrée Galarneau

La Dre Lise-Andrée Galarneau

Les hôpitaux du Québec pourraient éviter plus de 5000 infections nosocomiales par année, tout en épargnant bien des souffrances inutiles aux patients.

Près de 100 000 patients contractent une infection nosocomiale chaque année au Québec. En 2006, le gouvernement a adopté un plan d'action pour cinq types d'infection. Ce plan comprend des avertissements pour les visiteurs, une hygiène accrue et l'isolement de patients. Ces mesures ont permis de réduire de 40 % et de 50 % les infections au SARM et au Clostridium difficile (C. difficile).

La Dre Lise-Andrée Galarneau, présidente du Comité de surveillance du SARM, croit qu'il est maintenant temps d'étendre le plan d'action aux infections de plaies chirurgicales et aux infections urinaires.

L'objectif est de réduire de 30 % les deux types d'infections. D'environ 5500 infections chirurgicales en 2008, le plan permettrait d'éviter 1650 infections par année au Québec. Le programme permettrait également d'éviter environ 3600 des 12 000 infections urinaires recensées chaque année.

Parmi les mesures proposées, la Dre Galarneau cite en exemple un appareil qui permettrait de diminuer l'utilisation de cathéters et ainsi réduire les infections urinaires. Elle estime que le plan permettrait une économie de plus de 30 millions de dollars par année en traitement des personnes infectées.

Il est certains que des mesures de prévention ne coûteront jamais aussi cher et en plus ont le bénéfice d'améliorer les services, de sauver des vies et de libérer des lits.

— Dre Lise Galarneau

De son côté, l'Association des victimes d'infections nosocomiales souhaite qu'on aille encore plus loin. « Ça prend un programme centralisé et des normes standardisées pour tous les établissements », estime Jacques Besson, président de l'association.

Toutefois, le ministère de la Santé et des Services sociaux indique qu'il n'est pas question, pour le moment, d'étendre le plan d'action aux plaies chirurgicales et aux infections urinaires. Un porte-parole du ministère a expliqué qu'il revient à chaque hôpital d'adopter de bonnes pratiques pour réduire ce genre d'infections.

Santé et Services sociaux Québec

  • Le SARM (Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline) est un staphylocoque qui a développé une résistance à plusieurs antibiotiques, dont la méthicilline. Le SARM ne cause pas plus d'infections que les autres staphylocoques, mais il limite le choix du traitement.
  • Les ERV (Entérocoques résistants à la vancomycine) sont des entérocoques qui ont développé une résistance à plusieurs antibiotiques, dont la vancomycine.
  • Le Clostridium difficile est aussi appelé C. difficile. Un faible pourcentage de la population (environ 5 %) peut être porteur de cette bactérie dans l'intestin sans avoir de problème de santé, ce qui, par conséquent, ne requiert aucun traitement. Elle vit en équilibre avec les autres types de bactéries normalement présentes dans l'intestin de l'être humain. Cette bactérie a la capacité de survivre dans l'environnement.

D'après un reportage de Benoît Giasson