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SociétéRadio

Raymond Archambault quitte le micro

Mise à jour le vendredi 10 juillet 2009 à 20 h 26

Un texte de Lili Marin

Raymond Archambault

Photo: Luc Lavigne

La voix du Radiojournal matinal à la Première Chaîne de Radio-Canada, c'était la sienne depuis 25 ans. Elle a annoncé les nouvelles nationales et internationales une dernière fois le 10 juillet.

Après 32 ans au service de l'information du diffuseur public, Raymond Archambault pose un regard souriant sur le passé, le présent et l'avenir. Avec le sentiment du devoir accompli, celui qui entrait dans des milliers de foyers chaque matin s'apprête à recouvrer une vie sociale.

C'est que, pendant toutes ces années, pour livrer l'essentiel de l'actualité en début de journée, il a dû se coucher tôt. Son travail de chef d'antenne a souvent été celui d'un marathonien, notamment lors d'émissions spéciales qui pouvaient s'étirer sur plus de 10 heures. « Je me rappelle du congrès conservateur en 1983, dit-il. Nous étions entrés en ondes à 11 h, et ce n'est qu'à 18 h, pour le bulletin, que nous avions eu une pause de 15 minutes. Nous avions tenu jusqu'à 11 h le soir. »

Cette endurance, Raymond Archambault en est fier, tout comme d'avoir su garder aussi grand l'intérêt pour ce qu'il fait. Il se félicite aussi d'avoir constamment évolué dans son métier, à l'instar de l'ensemble du service des nouvelles.

Raymond Archambault estime que l'information s'est améliorée à la radio publique, surtout depuis les cinq dernières années, « grâce à la volonté de la direction de secouer les puces ». Et ce, tant au niveau du fond qu'au niveau de la forme. Auparavant plus « institutionnel », le Radiojournal s'est rapproché du citoyen, et sa forme se veut plus dynamique.

« Il y a dix ans, on pouvait avoir, dans le même bulletin, trois textes commençant par Le ministre Untel... Et, aujourd'hui, on a autant de reportages en direct, sous forme de conversation, que de reportages "terrain", avec beaucoup d'extraits sonores, qui racontent une histoire avec une ambiance », se réjouit Raymond Archambault.

Un homme de l'ombre

Raymond Archambault

Photo: Luc Lavigne

Lui qui n'a commis aucune bévue majeure au cours de sa carrière demeure modeste quant à son succès et à sa longévité derrière le micro. Pour éviter les trous de mémoire, cela prend des notes claires, avec les noms propres et les chiffres importants. « Pour le reste, il faut se faire confiance. » Ne cherchant pas la gloire, il se satisfait d'avoir fourni au public une information équilibrée, qui fait appel tant à son émotion qu'à son intelligence.

Radio-Canada avait deux monuments en information, Bernard Derome et Raymond Archambault, et le hasard veut que ces deux monuments quittent la même année, ce qui laisse un grand vide. Comme Bernard Derome, Raymond Archambault va nous manquer, car il était une voix qui nous informait et nous rassurait. Il faisait partie de la vie des auditeurs et auditrices qu'il a accompagnés pendant de longues années.

— Alain Saulnier, directeur général de l'Information de Radio-Canada

Entré à Radio-Canada comme rédacteur en 1977, après 10 ans passés dans des stations de radio privées, Raymond Archambault a été reporter à la télévision pendant un an avant de se faire offrir le poste de présentateur de nouvelles.

« J'espère que ceux qui vont venir continueront de respecter et de défendre la langue, qui peut être à la fois claire et simple », dit-il. Pour l'instant, le chef d'antenne n'a d'autre projet que de se reposer. Il ne cessera pas pour autant de lire son journal. « Je vais toujours m'intéresser à l'actualité. »