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SociétéCancer du sein

Près de 3000 tests à reprendre

Mise à jour le vendredi 10 juillet 2009 à 8 h 16

Laboratoire

(archives)

De nouvelles analyses sur des tests de pathologie servant à choisir le traitement approprié pour le cancer du sein seront effectuées pour environ 2730 femmes dans toutes les régions du Québec.

En tout, précisément 2992 tests seront refaits, a appris Radio-Canada, puisque plus d'un test par patiente pourrait être repris à partir des échantillons déjà prélevés. Le nombre est ainsi plus élevé que ce que le ministère de la Santé et des Services sociaux avait prévu au départ.

Le ministre Yves Bolduc a cependant précisé que « des étapes supplémentaires de vérification et de validation » des données « seront nécessaires afin d'identifier avec exactitude le nombre total de personnes visées par cette vaste opération ».

Selon le ministre, ces tests sont repris par précaution, puisque les experts eux-mêmes ont indiqué qu'il n'y avait aucune raison de mettre en doute la qualité des analyses effectuées, a-t-il indiqué.

« Les nouvelles analyses seront faites dans les prochaines semaines dans un ou des laboratoires de référence situés hors du Québec, notamment en raison du grand nombre de tests à réaliser sur une courte période [...] dans le délai prescrit par lesexperts, soit d'ici le 31 décembre 2009 », a affirmé M. Bolduc.

« On peut rassurer les gens que le contrôle interne était d'excellente qualité, mais qu'on va valider par le contrôle externe. Et aucune femme n'aura besoin de nouveaux prélèvements. Les tests sont refaits sur les prélèvements qui existaient déjà », a ajouté le ministre Bolduc.

Les 9463 femmes ayant reçu un diagnostic de cancer du sein au cours de la période d'avril 2008 à juin 2009 seront contactées en juillet ou en août par un professionnel de la santé. Aucune nouvelle biopsie ne sera nécessaire pour procéder à ces nouvelles analyses.

Selon le ministre de la Santé, même si une nouvelle analyse démontre qu'une patiente n'a pas reçu le bon traitement en raison d'un test erroné, cela n'aura pas de conséquence sur son état. « Les experts ont dit que pour les femmes traitées au cours des six prochains mois, ce sera la même chose que si elles avaient commencé le traitement il y a un an », a expliqué Yves Bolduc.

Contrôle de qualité externe

Plusieurs hôpitaux importants du Québec ayant effectué les tests ne possédaient aucun contrôle de qualité externe jusqu'à tout récemment, comme l'a révélé Radio-Canada mercredi.

Sur les 42 laboratoires qui font ce type de test, 24 affichaient des lacunes dans le contrôle de qualité.

C'est notamment le cas des laboratoires de pathologie du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM), de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont, de la Cité de la santé à Laval, du CSSS de Gatineau et du Centre hospitalier affilié universitaire de Québec.

« Leur démarche n'était pas suffisante et on a décidé de les rajouter. Ce qui ne voulait pas dire qu'il n'y avait pas de contrôle, mais on n'avait pas le bulletin, l'évaluation finale, et on veut être certains qu'il n'y ait pas de chances qui soient prises », a précisé le ministre Yves Bolduc.

Rien que dans les hôpitaux de la région de Montréal, les tests de marqueurs du cancer du sein concernant 1033 patientes devront être refaits, un nombre revu à la baisse à la suite de vérifications poussées jusqu'à tard mercredi soir. On estime aussi que 200 nouvelles analyses devront être faites à Laval et à Gatineau, ainsi qu'une centaine à Québec.

Le 4 juin dernier, le gouvernement avait annoncé la reprise des tests de marqueurs du cancer du sein concernant 2100 patientes au Québec, à la suite d'une analyse effectuée par un comité d'experts.

Le président du comité, le Dr André Robidoux, avait expliqué qu'en tenant compte des marges d'erreurs habituelles pour ce genre d'analyses pathologiques, une centaine de femmes, tout au plus, pourraient avoir reçu un traitement inapproprié pour leur cancer du sein.

Le rapport du comité d'experts faisait suite à l'analyse d'une étude dirigée par le président de l'Association des médecins pathologistes du Québec, le Dr Louis A. Gaboury, et dont les résultats avaient été obtenus par Radio-Canada. Cette étude faisait état de taux d'erreur importants dans les tests pathologiques réalisés sur une quinzaine d'échantillons soumis à 25 laboratoires en pathologie au Québec.

Des réactions

Nathalie Rodrigue, porte-parole de la Coalition Priorité Cancer au Québec

Nathalie Rodrigue, porte-parole de la Coalition Priorité Cancer au Québec

La Coalition Priorité Cancer au Québec croit que le ministère n'avait pas le choix de contacter toutes les femmes ayant reçu un diagnostic de cancer du sein dans la période visée. « "Est-ce qu'ils ont écarté mon test? Est-ce que j'ai raté un appel? Est-ce que? Est-ce que?" Alors, beaucoup de questions, beaucoup de stress, dans une situation de vie qui est déjà passablement stressante », a expliqué la porte-parole de la coalition, Nathalie Rodrigue.

La Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) estime pour sa part que le gouvernement a eu tort de dire qu'il existait des contrôles externes de qualité, même dans les grands hôpitaux. La FMSQ réclame une plus grande transparence de Québec et un système de surveillance des tests mieux encadré.

« La situation aujourd'hui, elle est simple. Il manque d'équipement, il manque de personnel, il manque de contrôle de qualité. C'est très facile de s'occuper de ça, encore faut-il vouloir investir. C'est ce à quoi la population, de toute évidence, s'attend », a déclaré le président de la FMSQ, le Dr Gaétan Barrette.

Radio-Canada.ca avec Presse canadienne