![]() SociétéLogement Dixième année de pénurieMise à jour le lundi 29 juin 2009 à 17 h 51
La pénurie de logements, qui semblait vouloir se résorber, perdure pour une dixième année, selon une note de l'Institut de recherche et d'informations socio-économiques (IRIS). Tous les grands centres urbains connaissent cette année une diminution de leur taux d'inoccupation, sauf Sherbrooke qui est tout de même sous le seuil d'équilibre de 3 %. Voici quelques exemples:
En outre, plus d'un locataire sur trois n'a pas accès à un logement abordable, selon l'IRIS. Un des chercheurs de l'Institut, Guillaume Hébert, prévient que la crise économique risque d'exacerber le problème. « Le taux de chômage est en hausse. On voit une augmentation du nombre de faillites personnelles. Cela va avoir un impact au moment de trouver un logement, alors que les prix augmentent très rapidement ». La hausse des loyers dépasse l'inflation Selon l'IRIS, la hausse des loyers au Québec surpasse largement l'inflation. Depuis dix ans, les prix des logements ont grimpé 30 % plus rapidement que l'inflation au Québec, 40 % à Montréal. Pour l'année en cours, la hausse a été de 3,4 % pour l'ensemble du Québec, alors que l'inflation n'était que de 0,4 %. La Régie du logement suggérait quant à elle des augmentations entre 0,6 % et 0,8 %. Pour des solutions permanentes L'IRIS dresse un bilan négatif des actions des différents paliers de gouvernement en matière de logement. Guillaume Hébert souligne notamment que depuis que le gouvernement fédéral a cessé de subventionner la construction d'habitations à loyer modique, la crise du logement s'est aggravée. Il renchérit que les solutions proposées n'ont pas porté fruit, déplorant que les gouvernements aient surtout misé sur des programmes d'accès à la propriété. Selon lui, cela a fait exploser l'endettement hypothécaire des ménages. « Aux États-Unis, on a vu ce que cela a donné. [...] Au Canada, ce n'est peut-être pas la solution à prendre ». À quelques jours du 1er juillet, le Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) demande à Québec de modifier les critères d'attribution des suppléments au loyer d'urgence, qui permettent à des familles sans-logis de louer un appartement disponible, mais trop cher pour leurs moyens. L'organisme juge discriminatoire que les personnes seules ou les couples sans enfants soient exclus de ce programme. De son côté, Guillaume Hébert, de l'IRIS, martèle que cette aide financière n'est pas une solution à long terme et qu'il faut en trouver d'autres. Selon lui, il importe « d'appliquer un contrôle sur le marché du logement ». Il explique que si on laisse faire le marché, les entrepreneurs vont préférer construire des condominiums plutôt que des logements locatifs, qui sont moins rentables. « C'est un exemple qui montre comment le marché n'est pas capable de faire correspondre les ressources avec les besoins dans un domaine aussi essentiel que le logement », dit-il. |