15 juin 2009
Conseil de presse du Québec: La crise éclate30 mai 2009
![]() Journaliste:Lili Marin Mise à jour le mercredi 16 décembre 2009 à 15 h 08 L'information
Après des années d'expansion, qui ont vu naître les chaînes d'information continue, les quotidiens gratuits et les versions web, les entreprises de presse semblent affaiblies, non seulement par l'érosion de leurs revenus publicitaires, mais également par la concurrence que leur livrent désormais à armes presque égales une multitude d'acteurs sociaux, politiques, économiques et culturels. Une frange de plus en plus importante de la population s'abreuve à d'autres sources, qui diversifient le paysage médiatique. Les blogues tenus par des individus non rattachés à de grandes organisations et Twitter ont maintenant leurs fidèles. Avec la popularité grandissante des réseaux sociaux comme Facebook, la logique de la circulation de l'information change. En direct sur l'événement, les citoyens n'attendent pas qu'on leur tende un micro pour communiquer: ils utilisent leurs téléphones cellulaires, leurs caméras et Internet pour transmettre ce qu'ils ont vu et vécu. Les récents événements en Iran en sont un exemple probant. L'imprimé ne prime plus L'Association mondiale des journaux a beau claironner que la diffusion des journaux a progressé de 1,3 % dans le monde en 2008, grâce à l'émergence de classes moyennes en Asie et en Afrique, elle ne peut cacher la tendance continue à la baisse dans les marchés développés.
En 2001, la moitié des Canadiens âgés de 18 à 34 ans lisaient régulièrement un journal en semaine. En 2007, ils n'étaient plus que 40 %. À Montréal, où les quotidiens gratuits ont vu, dans certains cas, le nombre de leurs lecteurs doubler entre 2004 et 2007, les quotidiens payants ont perdu beaucoup de terrain en semaine. La tendance n'est pas près de s'inverser, car les plus jeunes sont moins nombreux à prendre l'habitude de lire régulièrement un quotidien payant. Le lectorat des magazines ne va pas en croissant lui non plus. En fait, il était moins important en 2004 qu'en 1979, année où le ministère de la Culture et des Communications a commencé à mener des enquêtes à ce sujet. Pourtant, les publications sur papier glacé avaient connu un âge d'or durant les années 1990. Trois jeunes sur quatre lisaient alors un magazine chaque mois. C'est maintenant un sur deux. Est-ce que les supports innovateurs, tel le lecteur de livres électroniques qu'a lancé la librairie en ligne Amazon, donneront un nouveau souffle aux médias imprimés? Rien n'est moins sûr, si l'on se fie au Centre d'études sur les médias, rattaché à l'Université Laval. Son secrétaire général, Daniel Giroux, dans un rapport intitulé Anciens et nouveaux médias: des changements importants se profilent, démontre qu'on n'assiste pas à un simple déplacement de ressources. Il rappelle que les quotidiens payants sont les piliers de la cueillette d'information, comptant, tous médias confondus, le plus grand nombre de journalistes. C'est la qualité même de certains biens de grande valeur au plan culturel ou au plan démocratique qui est en danger. — Daniel Giroux, secrétaire général du Centre d'études sur les médias Qui d'autre qu'un journaliste professionnel peut rendre compte de l'actualité et des enjeux de société en toute indépendance d'esprit? Depuis le XIXe siècle, il joue un rôle d'intermédiaire entre les pouvoirs et le peuple et, dans la plupart des médias, souscrit à un code de déontologie. Il s'agit d'un rempart important contre les dérives, qui distingue un journaliste d'un simple blogueur, d'un lobbyiste ou d'un individu financé en sous-main par des intérêts commerciaux. Sans le quatrième pouvoir, qu'en serait-il de la démocratie?
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