![]() Journaliste:Lili Marin Mise à jour le mercredi 16 décembre 2009 à 15 h 07 La musique
Non, bien entendu, d'autant plus que l'hégémonie de la radio traditionnelle est de plus en plus contestée, tant par les artistes que par le public. Ferme la radio était d'ailleurs le titre d'un minialbum que lançait, hors du circuit des disquaires, l'auteur-compositeur-interprète Dumas. L'année suivante, soit en 2005, Pierre Lapointe profitait du gala de l'ADISQ pour sommer les radios commerciales de se réveiller et d'êtres moins frileuses dans leurs choix musicaux. Ont-elles entendu cet appel?
Probablement pas, car les adolescents et les 18-24 ans écoutent de moins en moins la radio, qu'ils écoutent moins longtemps que les plus vieux. En revanche, les jeunes sont nombreux à se tourner vers l'écoute de musique en continu sur Internet. Des sites comme MySpace permettent de découvrir de nouveaux morceaux. Des webradios comme Espace Classique et Espace Jazz, de Radio-Canada, et des stations satellites comme Bande à part offrent une programmation de niche que l'on ne trouve pas sur les ondes hertziennes. De la même manière, les chaînes de télévision musicales se cherchent une raison d'être, maintenant que chacun peut voir les vidéoclips qui lui chantent sur YouTube. Dans le cadre d'un repositionnement amorcé il y a plusieurs mois, la québécoise MusiquePlus a congédié son directeur musical, en avril dernier, et ne l'a pas remplacé. Du piratage au partage légal Parce qu'il échappe au contrôle des maisons de disques, l'échange de MP3 entre utilisateurs a été au coeur de nombreuses poursuites au cours des dernières années. Bien que des pirates aient été condamnés et que les téléchargements payants aient connu une hausse, l'année 2008 a de nouveau été difficile pour l'industrie musicale aux États-Unis et au Québec. Tant et si bien que le principal groupe représentant l'industrie du disque américaine, la Recording Industry Association of America (RIAA) a changé son approche. Après avoir constaté que les poursuites contre des particuliers coûtaient plus cher qu'elles ne rapportaient, la RIAA a décidé de sévir, de pair avec les fournisseurs d'accès Internet. Les contrevenants qui persistent à partager illégalement des fichiers musicaux après avoir reçu un avertissement se font tout simplement couper leur connexion. En France, le projet de loi HADOPI (acronyme de « haute autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur internet ») suscite des débats animés. Sous sa première forme, il prévoyait la suppression de l'accès à Internet à ceux qui téléchargeraient des contenus illégalement. Le projet devra être remanié à la suite de son rejet par le Conseil constitutionnel.
D'autres joueurs adoptent une attitude plus ouverte. Des sites misent sur la gratuité totale, servant de vitrine à des artistes émergents. Le groupe Misteur Valaire a carrément lancé un webalbum gratuit. En donnant sa musique sur le web, Pheek, qui fait dans l'électronique, a quant à lui développé sa carrière internationale. La popularité du téléchargement a été plus efficace qu'une bouteille à la mer. Il s'agissait ici d'une façon rapide et économique de rejoindre différents marchés, sans vivre la frustration qu'imposent les frontières physiques. — Pheek Dans une tout autre logique, en faux avec les lois de l‘information continue, Dumas (encore lui) a plutôt choisi de se faire rare: tirage limité à 10 000 exemplaires pour Nord, Rouge et Demain, aucune entrevue promotionnelle. À voir les foules qui courent à ses concerts, il semble que de cultiver ainsi le mystère soit payant. Et que dire du vinyle, toujours vivant? |