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En profondeur

Journaliste:Lili Marin

Mise à jour le mercredi 16 décembre 2009 à 15 h 07

La fiction



Qu'il semble loin Le temps d'une paix, celui où une bonne partie de la Belle Province se rivait religieusement à son petit écran chaque semaine pour suivre les tribulations de Rose-Anna, de Mémère Bouchard, de Ti-Coune et de leur village. Le traditionnel téléroman, qui égrène l'action tranquillement, s'est fait déclasser par la série tournée en film, au rythme plus enlevant. Lance et compte, diffusée par Radio-Canada en 1986, aura été la première et sera peut-être une des dernières séries de ce genre qui a rallié bon nombre de téléspectateurs.

C'est que les télévisions généralistes n'arrivent plus à soutenir les coûts de production de ces séries, qui avoisinent les 800 000 $ de l'heure. En 2006, le réseau TVA s'estimait déficitaire avec la série Vice caché 2, malgré des cotes d'écoute qui frisaient le million. Il ne prévoit donc pas diffuser d'autre série lourde après la septième saison de Lance et compte cet automne.

Pendant que les télévisions généralistes voyaient, dans le meilleur des cas, leurs parts d'écoute stagner au cours des cinq dernières années, les canaux spécialisés ont augmenté du tiers les heures durant lesquelles ils retiennent l'attention des Québécois francophones. Conséquemment, les marges bénéficiaires des télévisions généralistes ont suivi la courbe inverse de celle des canaux spécialisés, en pleine ascension. Or, ces derniers ne rejoignent pas encore un auditoire assez vaste et ne disposent toujours pas des revenus nécessaires pour développer des contenus similaires à ceux qui ont fait la force des grands réseaux.

On ne peut compter sur les chaînes spécialisées pour remplacer les généralistes dans la production de téléséries, de téléromans ou de spectacles télévisuels originaux comme ceux de Star Académie.

— Daniel Giroux, secrétaire général du Centre d'études sur les médias

Nouveaux médias, nouveau public

Si la vidéo sur cellulaire demeure encore marginale, la consommation de vidéo sur demande et sur Internet a pratiquement doublé de 2005 à 2007.

Les moyens de production audiovisuelle, qui n'ont cessé d'évoluer depuis l'apparition de la vidéo légère dans les années 60 (qui a notamment servi au développement de Radio-Québec et qui paraît aujourd'hui bien lourde), sont à l'origine de nouvelles formes. Les capsules produites exclusivement pour le web sont dorénavant si nombreuses et si bien faites qu'elles ont désormais leurs propres catégories aux prix Gémeaux.

Toutefois, le financement ne suit pas encore les créateurs, qui s'en plaignent.

Tout petit, la planète cinéma

Du côté du septième art, pendant que les distributeurs s'inquiètent du piratage des films projetés en salle, la quantité d'oeuvres indépendantes des grands studios se multiplie grâce à la miniaturisation des caméras et à l'accès universel aux logiciels de montage. L'ensemble se révèle évidemment inégal, mais un réseau comme Kino, qui célébrait cette année ses dix ans, permet une certaine forme d'émulation.

L'interprétation des rêves

L'interprétation des rêves ou les aventures du robot bleu, un très court métrage d'Elohim Sanchez

Par ailleurs, les téléphones cellulaires de nouvelle génération, permettant de filmer de courtes séquences, servent d'outil à des cinéastes audacieux. Le très court métrage (moins de trois minutes) gagne en popularité, si bien que des festivals lui sont consacrés un peu partout dans le monde.