La saga entourant la fiabilité des tests pour établir les traitements pour combattre les cancers du sein pourrait bien se retrouver devant les tribunaux.
Une femme dépose une requête en Cour supérieure pour obtenir l'autorisation d'intenter un recours collectif contre le gouvernement, à qui elle reproche d'avoir été négligent dans le dossier.
Lundi, à Montréal, une femme a déposé une requête en Cour supérieure pour obtenir l'autorisation d'exercer un recours collectif contre le gouvernement du Québec.
Dans sa requête, Marianne Tonnelier reproche à Québec d'avoir fait preuve d'une « négligence grossière en tolérant des lacunes manifestes dans les procédures suivies pour établir le traitement approprié suite à un diagnostic de cancer du sein ».
Elle allègue que le gouvernement n'a rien fait pour corriger la situation, même s'il savait depuis longtemps qu'il y avait des problèmes. En conséquence, ajoute-t-elle, des milliers de femmes qui luttent contre le cancer du sein ignorent si elles reçoivent le traitement approprié.
Selon la requête, « le groupe visé comprend toutes les femmes qui ont reçu un diagnostic de cancer du sein au Québec et pour lesquelles le résultat du test du marqueur biologique HER-2 ou du test pour les récepteurs hormonaux était négatif ».
Mme Tonnelier souhaite donc que le gouvernement indemnise les victimes « de ce cafouillage inacceptable ». La réclamation pourrait se chiffrer à plusieurs millions de dollars.
Au début du mois de juin, le gouvernement du Québec a annoncé qu'il demandera la reprise de 2100 tests pathologiques relatifs au choix du traitement du cancer du sein.
Cette décision survenait après l'analyse d'une étude dirigée par le président de l'Association des médecins pathologistes du Québec, le Dr Louis A. Gaboury. Cette étude faisait état de taux d'erreur importants dans les tests pathologiques réalisés sur une quinzaine d'échantillons soumis à 25 laboratoires en pathologie au Québec.
Depuis le début de cette affaire, Québec assure que rien ne permet de croire que des médecins ont prescrit le mauvais traitement à leurs patientes.