Le destin prodigieux d'un cracheur de feu

  |  Ahmed Kouaou  |  Radio-Canada
Guy Laliberté parle de son voyage dans l'espace en conférence de presse à Moscou. Guy Laliberté parle de son voyage dans l'espace en conférence de presse à Moscou.   © AP/Mikhail Metzel

« Le Cirque du Soleil est né autour du rêve tout simple d'une bande de jeunes amuseurs publics: nous voulions divertir le public, voyager et nous amuser ». C'est avec ces mots que Guy Laliberté résume la palpitante aventure du Cirque du Soleil, l'une des entreprises québécoises les plus florissantes, qui rayonne aujourd'hui dans le monde entier.

L'homme de 50 ans figure dans le gotha des hommes les plus riches de la planète, mais dit avoir les pieds sur terre. Au firmament de sa carrière, il continue d'enfourcher ses rêves les plus fous, dont celui de voyager dans l'espace, en septembre prochain. Il s'agit d'une expédition « sociale et poétique », que l'artiste compte mettre à profit afin de promouvoir sa cause pour l'accès à l'eau dans les pays pauvres.

Le goût pour le divertissement, Guy Laliberté l'a eu dès son jeune âge. Né à Québec, en 1959, il quitte le domicile familial à 14 ans pour mener sa vie de saltimbanque. Échasseur et cracheur de feu, il sillonne le Québec et l'Europe, l'accordéon en bandoulière, pour d'interminables pérégrinations dédiées à la distraction.

Chemin faisant, Guy Laliberté passe de la modeste fête foraine de Baie-Saint-Paul à des projets plus importants. En 1984, il fonde avec ses complices le Cirque du Soleil, qui deviendra, 25 années plus tard, l'une des plus grandes entreprises mondiales de divertissement.

Les débuts sont difficiles, mais le succès ne tardera pas à venir, grâce notamment à l'audace, la passion et la persévérance de l'ancien amuseur public, devenu concepteur de spectacles et habile négociateur.

Pour décrocher une première participation au festival des arts de Los Angeles, la troupe du Cirque du Soleil, qui était alors à la recherche d'une visibilité, renonce à être payée. À la fin du spectacle, les artistes n'avaient même pas de quoi payer l'essence pour leur retour au Québec. Savoureuse anecdote qu'aime se rappeler le fondateur et actionnaire à 80 % du Cirque du Soleil, qui trône aujourd'hui sur un véritable empire.

Le Cirque du Soleil en quelques chiffres:

  • 4000 employés dans le monde, dont plus de 1000 artistes;
  • 40 nationalités sont représentées au sein de l'entreprise;
  • 25 langues sont parlées par les employés et les artistes;
  • Depuis 1984, le Cirque du Soleil a visité plus de 200 villes;
  • Près de 90 millions de spectateurs ont vu un spectacle du Cirque du Soleil depuis 1984.

Extravagance et générosité

Guy Laliberté lors d'une conférence de presse à Los Angeles, en novembre 2007   © PC/AP/Kevork Djansezian

Avant de partir pour la grande aventure, le jeune Guy avait laissé à ses parents une citation de l'écrivain et poète arabe Khalil Gibran: « Vos enfants ne sont pas vos enfants, ils sont les fils et les filles de l'appel à la vie elle-même. »

L'appel à la vie, Guy Laliberté l'a bien entendu, lui qui passe le plus clair de son temps à voyager. Une passion à laquelle il s'adonne volontiers, joignant le plaisir au travail dans sa quête continue de talents et de nouvelles idées dans le monde.

Père de cinq enfants issus de deux unions, Guy Laliberté est d'ordinaire assez discret sur sa vie privée et n'accorde que très peu d'entrevues aux journalistes.

On dit de lui qu'il est l'homme de tous les excès. Ses voitures luxueuses et les soirées bruyantes qu'il organise font parler de ce richissime homme d'affaires, dont la revue Forbes évalue la fortune à 2,5 milliards de dollars américains.

Audacieux dans les affaires, il est aussi un grand amateur de poker. Il était arrivé cinquième au championnat du monde de poker de Las Vegas, en 2007.

Créateur et fonceur, il peut aussi être sarcastique et un tantinet provocateur. En 1980, bien avant son succès retentissant, il s'est présenté comme candidat aux élections fédérales sous les couleurs du Parti Rhinocéros. Nom de candidat: Guy Pantoufle Laliberté.

Guy Laliberté est aussi un homme de coeur, que les nombreux voyages ont forgé et sensibilisé à des causes humanitaires, comme celle de la pauvreté. En octobre 2007, il crée la Fondation One Drop, qui vise à faciliter l'accès à l'eau potable dans les pays pauvres. Il y consacre 100 millions de dollars sur 25 ans.