Photo : PC/Clement Allard
Profitant de son passage au Parlement du Québec pour recevoir la Médaille d'honneur de l'Assemblée nationale, Bernard Derome est sorti de sa réserve habituelle et a lancé un cri du coeur pour défendre Radio-Canada.
Profitant de la cérémonie au cours de laquelle il a été décoré de la Médaille d'honneur de l'Assemblée nationale, l'ex-chef d'antenne du Téléjournal exprime sa grande inquiétude pour l'avenir de Radio-Canada.
L'ex-chef d'antenne du Téléjournal a fustigé le gouvernement conservateur de Stephen Harper concernant les compressions à Radio-Canada. M. Derome s'est ainsi dit très inquiet pour l'avenir de la société d'État « en raison de la façon dont on est en train, et là je pèse mes mots, de disloquer, de démanteler une institution qui est reconnue pour être le chien de garde d'une information rigoureuse, d'une information que j'appelle intelligente, pour entre autres choses des motifs idéologiques ».
Bernard Derome a ensuite lancé un appel à la société civile pour défendre et soutenir Radio-Canada.
Le gouvernement Harper a répliqué à M. Derome en disant ne pas être responsable de la situation à Radio-Canada, car il n'a pas imposé de compressions. Dimitri Soudas, secrétaire de presse et conseiller de Stephen Harper pour le Québec, a affirmé qu'Ottawa n'avait pas l'intention de laisser tomber la société d'État. « Le gouvernement conservateur veut travailler avec Radio-Canada, main dans la main avec Radio-Canada et non pas contre Radio-Canada », a-t-il déclaré.
Le pilier de l'information à Radio-Canada
Peu avant sa sortie, l'ex-chef d'antenne du Téléjournal a reçu la médaille d'honneur de l'Assemblée nationale afin de souligner l'ensemble de sa carrière journalistique. La cérémonie s'est déroulée au salon de la présidence du Parlement.
C'est le président de l'Assemblée nationale, Yvon Vallières, qui lui a remis la médaille. « Mes collègues et moi, comme nos concitoyens, avons terminé plusieurs de nos soirées rivés devant ce Téléjournal qui a marqué l'histoire de la télévision et du journalisme québécois. Comme chef d'antenne, journaliste, reporter au Québec et à l'étranger, vous vous êtes toujours démarqué par votre rigueur, votre passion pour votre métier, votre capacité de vulgariser l'information. Votre carrière a marqué Radio-Canada et son service de l'information, qui a développé grâce à vous une forte crédibilité », a dit M. Vallières.
Bernard Derome s'est dit très choyé de recevoir cet honneur, qu'il a voulu partager avec ses collègues journalistes. « Cette distinction, je tiens d'abord à la partager avec ceux qui m'ont précédé, avec les collègues du passé, ceux qui ont créé cette tradition d'information qui très vite a su caractériser Radio-Canada. Je veux la partager également avec mes collègues actuels, qui ont permis que nous faisions ensemble un bout de chemin dans l'éveil des consciences, dans l'ouverture d'esprit des Québécois pour la couverture de sujets, d'événements qui méritaient qu'on s'y arrête, non pas en raison des goûts du jour, mais à cause de la nature et de l'esprit de ces événements-là. »
Avant la cérémonie, Bernard Derome a été chaleureusement applaudi lors de la période de questions de l'Assemblée nationale. Plusieurs députés, dont ses ex-collègues Bernard Drainville et Christine St-Pierre, ont d'ailleurs tenu à lui rendre hommage.
« Bernard Derome, oui, la tendance s'est maintenue et vous resterez pour toujours un des grands de l'histoire du journalisme québécois. Au nom des Québécois, merci pour votre contribution à notre démocratie. Et salut Bernard! » a déclaré M. Drainville.