Des facultés débordées


Pourquoi les facultés refusent-elles si fermement d'admettre les médecins étrangers éconduits une première fois, quitte à se faire taxer à mots à peine couverts de racisme?

Elles sont complètement débordées avec la seule formation des étudiants réguliers, répondent-elles.

Le Dr Yves Robert, du Collège des médecins du Québec, expliquait, l'automne dernier, que le gouvernement a peut-être été en mesure de faire admettre davantage d'étudiants en médecine au cours des dernières années, mais il n'a pu accroître dans la même proportion le nombre d'enseignants.

On se retrouve ainsi avec des professeurs qui doivent superviser, année après année, davantage de résidents, alors que leurs tâches cliniques (ils demeurent aussi des médecins qui pratiquent) ne cessent de s'alourdir en raison de la pénurie d'effectifs.

Le Collège et les facultés craignent que, si jamais Québec leur force la main pour admettre davantage de médecins formés à l'étranger, cette pression supplémentaire fragilise tout l'édifice de la formation médicale.

Yves Lamontagne Yves Lamontagne, président du Collège des médecins

« Le gouvernement ne veut pas d'un système de santé à deux vitesses et nous, nous ne voulons pas de médecins à deux niveaux », laissait tomber le président du Collège des médecins, Yves Lamontagne.

Est-ce que la proposition mise en avant par la Coalition des associations de médecins diplômés à l'étranger de réserver des postes de résidence aux médecins étrangers serait une possible solution?

Tous ceux qui estiment, à l'instar du Centre de recherche-action sur les relations raciales, que les médecins étrangers sont victimes de discrimination croient qu'il s'agit là d'une possible solution.

Cette solution est rejetée par les facultés, qui insistent sur l'importance de réserver 100 % des places en résidence aux meilleurs candidats, quitte à ne pas pourvoir un poste lorsque des candidats de qualité manquent à l'appel.

Un service d'inscription unique et simplifié La Fédération des ordres des médecins du Canada (FOMC) et le Conseil médical du Canada (CMC) ont annoncé, en novembre 2010, qu'ils collaborent sur la création d'un service d'inscription électronique, unique et simplifié.

Ce système centralisé, qu'ils souhaitent lancer en 2012, permettra aux médecins étrangers de présenter, en ligne, une demande de permis d'exercice auprès de n'importe quels des 13 ordres de médecins des provinces et des territoires canadiens.