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En profondeur

Journaliste:Nicolas Duguay

Mise à jour le jeudi 23 décembre 2010 à 17 h 21

Pénurie et frustration


Le Québec, comme le Canada, est aux prises avec une importante pénurie d'effectifs médicaux. Parallèlement, un nombre grandissant de jeunes Québécois, diplômés des écoles de médecine, choisissent de quitter la province afin de poursuivre leur formation ailleurs.

Si la plupart d'entre eux reviennent au terme de leur formation postdoctorale, un nombre inquiétant choisit de s'installer à l'extérieur du Québec pour profiter de conditions de pratiques bien souvent plus avantageuses.

Pendant ce temps, des médecins formés à l'étranger se voient refuser, année après année, le droit de pratiquer la médecine au Québec.

En 2009 seulement, 78 médecins diplômés à l'étranger sur les 130 qui avaient postulé pour une place en résidence se sont butés à des portes fermées, même si leur diplôme a été reconnu par le Collège des médecins. En même temps, 94 postes en résidence n'ont pu être pourvus au Québec, faute de candidats de qualité.

Frustrés, ces médecins formés ailleurs, qui croyaient que le Québec allait les accueillir à bras ouverts, parlent de racisme, de corporatisme et de discrimination.

Le Québec admet une plus grande proportion de médecins étrangers que l'ensemble du Canada

Au 31 décembre 2009, le Québec comptait 20 034 médecins inscrits (18 152 médecins actifs, sans compter les retraités), dont 9808 médecins de famille et 10 226 médecins spécialistes. Parmi eux, 2175 médecins de 75 pays différents avaient reçu leur formation ailleurs qu'au Canada ou aux États-Unis.

Comlan Amouzou, président de la Coalition des associations de médecins diplômés à l'étranger, affirmait au Devoir, en 2008, que « le problème, ici, c'est que les médecins sont payés à l'acte. Leur but est de voir le plus grand nombre de patients possible et ils n'ont plus de temps pour former les nouveaux médecins ».

« Les médecins qui arrivent de l'étranger ne coûtent rien au système parce qu'ils ont déjà leur formation. Pourquoi ne pas les mettre plus rapidement dans un programme de stage? », demande M. Amouzou.

Le Collège des médecins explique que l'admission aux facultés de médecine n'est pas de son ressort. Les facultés de médecine, elles, se disent débordées et incapables de consacrer davantage de ressources à des médecins étrangers, qui nécessitent souvent un encadrement plus lourd.

De son côté, Québec hausse le ton tout en s'avouant impuissant.

Pour y voir plus clair, essayons de lever le voile sur la formation d'un médecin au Québec et sur le parcours que doit franchir un médecin formé à l'étranger, et désireux de pratiquer au Québec.