Les villes exigent plus de moyens

Immigrant prêtant serment au Canada   © PC/Paul Chiasson

Les municipalités canadiennes demandent davantage de ressources et de pouvoir décisionnel pour répondre aux besoins des immigrants.

Les municipalités canadiennes demandent plus de moyens et de pouvoir décisionnel dans la gestion de l'immigration.

Selon un rapport de la Fédération canadienne des municipalités (FCM), 24 municipalités étudiées se partagent 85 % de toute l'immigration et 90 % de tous les réfugiés. Or, les villes se plaignent de ne pas avoir suffisamment de ressources pour accueillir ces Néo-Canadiens, qui ont besoin d'assistance et de services adaptés à leur arrivée au pays.

C'est que les immigrants ont souvent tendance à choisir les milieux urbains plutôt que la campagne pendant les premières années de leur installation. Dès lors, M. Perrault estime que les villes, dont les services sont de plus en plus sollicités, devraient bénéficier de plus de ressources pour répondre aux besoins des nouveaux arrivants.

« Les municipalités ne sont pas directement responsables de l'établissement des immigrants, et pourtant, elles doivent absorber une bonne partie des coûts lorsque les gouvernements fédéraux et provinciaux n'assument pas un soutien suffisant sur le terrain », explique le président de la FCM et maire de Sherbrooke, Jean Perrault.

M. Perreault réclame donc des gouvernements fédéral et provinciaux plus de moyens, car les besoins sont énormes en matière de logements abordables, de transports collectifs et de services communautaires. Il exige aussi que les municipalités aient leur mot à dire dans les politiques d'immigration.

Selon une étude de la FCM portant sur 24 villes canadiennes, les nouveaux arrivants sont deux fois plus susceptibles d'avoir en poche un diplôme universitaire que la moyenne des Canadiens, mais ils demeurent quatre fois plus touchés par le chômage.

L'appel de la banlieue

Immigrants

Par ailleurs, il ressort de l'étude de la FCM que les immigrants instruits et hautement qualifiés sont de plus en plus nombreux à quitter les villes pour s'installer en banlieue. Le coût des logements, entre autres, pourrait expliquer cette inversion de la tendance.

Ce phénomène est perceptible à Montréal, qui ne retenait que 67 % des immigrants en 2006 alors qu'elle en attirait 79 % en 2002. En revanche, à Laval, la population immigrante a augmenté de 40 % entre 2001 et 2006, alors que la moyenne canadienne se chiffrait à 15 %.

La Fédération en conclut que les villes se retrouvent à assumer une part importante des coûts de l'aide apportée aux réfugiés et aux autres immigrants qui ont des besoins particuliers.