Logo Radio-Canada

SociétéEn profondeur

Mise à jour le lundi 23 mars 2009 à 16 h 04

Politiciens 2.0



Au-delà de l'information de première main mise à la disposition des citoyens ou encore de l'image de « politiciens branchés » que certains élus veulent projeter, plusieurs politiciens voient en Twitter un moyen de s'adresser directement aux électeurs en contournant le filtre des médias.

La page Twitter de Barack Obama

La page Twitter de Barack Obama

Avec son demi-million (ou presque) de personnes qui l'ont suivi sur Twitter, Barack Obama a prouvé que le micro-blogue pouvait aussi se marier avec la politique. Tout au long de la campagne présidentielle, il s'en est servi pour communiquer avec ses partisans.

Son rival républicain John McCain a fini par s'y mettre en cours de campagne. Ses tweets sont aujourd'hui suivis par près d'un quart de million d'internautes. Récemment, le sénateur de l'Arizona et ancien candidat à la Maison-Blanche s'en est servi pour critiquer le plan de relance économique du président.

John McCain et George Stephanopoulos

John McCain et George Stephanopoulos

En mars 2009, John McCain s'est montré suffisamment ouvert à ce nouvel outil pour accorder une entrevue sur Twitter au réseau ABC. Les questions étaient posées par le journaliste George Stephanopoulos, tandis que les réponses étaient sur la page de M. McCain. Le compte rendu est disponible dans un article d'ABC.

La revue The Economist signalait récemment que Twitter était prisé par plusieurs sénateurs et membres de la Chambre des représentants ou encore par leurs conseillers politiques, une liste à laquelle il faut ajouter les gouverneurs d'État. Plusieurs élus américains, comme le gouverneur de Californie, Arnold Scharzenegger, communiquent ainsi de l'information aux internautes, présentent leurs politiques ou critiquent leur adversaire en temps réel, de leur bureau ou même lors de réunions en Chambre.

Pendant un discours prononcé récemment par le président Obama devant les deux Chambres, certains élus étaient sur Twitter...

Ailleurs dans le monde, certains politiciens se sont eux aussi convertis, comme le président ukrainien,Victor Youshchenko. Le bureau du premier ministre britannique, Gordon Brown, est aussi présent sur Twitter avec son compte, le 10 Downing Street, suivi par près de 263 000 personnes.

Pour véhiculer leur message, certains recourent à Twitter de façon originale. Par exemple, le 30 décembre 2008, en pleine offensive israélienne sur la bande de Gaza, le consulat israélien à New York a organisé une conférence de presse sur Twitter pour justifier les frappes. Des extraits sont disponibles sur le site du consulat IsraelPolitik.

Et au Canada?

Chez nous, les politiciens n'ont pas encore fait le virage. « Au Canada, la vague Twitter ressemble plutôt à une vaguelette », peut-on lire dans un article sur le sujet publié dans La Presse.

D'ailleurs, les chiffres ne sont en rien comparables avec ceux des politiciens américains.

Le bureau du premier ministre Stephen Harper a un microblogue. Miseajourwebpm est suivi par 750 internautes en anglais et par à peine 49 personnes en français.

Le premier ministre a un autre compte, premierministre. Plus populaire, il est suivi par plus de 6500 personnes en anglais et par 200 personnes en français.

Le chef libéral Michael Ignatieff a uniquement un compte en anglais, auquel sont abonnés plus de 4000 internautes. Près de 4200 suivent le compte en anglais du chef néo-démocrate Jack Layton, contre moins de 300 en français. Dans ces deux cas, les sites sont alimentés plus ou moins régulièrement, mais pas au quotidien.

Les « gazouillis » de Gilles Duceppe sont lus par quelque 650 personnes, mais sa page n'est pas du tout à jour.