![]() SociétéEn profondeur
Mise à jour le lundi 23 mars 2009 à 11 h 08 À l'ère de l'information
Lorsque survient un sujet « chaud » dans l'actualité, des dizaines, voire des centaines ou des milliers d'utilisateurs de Twitter, sont à l'affût des articles ou des billets publiés sur les sites d'information et les blogues, ou encore des photos et des vidéos mises en ligne sur des sites comme YouTube ou Flickr. C'est en quelque sorte un annuaire de l'information disponible, assez désordonné il faut dire, mais qui donne accès à une multitude de sources. (Pour un sujet donné, il suffit de rentrer un « hashtag » dans le moteur de recherche de Twitter, c'est-à-dire un mot-clé précédé du symbole #.) L'information publiée par les internautes n'est pas traitée en profondeur ni même vérifiée, mais c'est souvent là qu'apparaissent les premières nouvelles d'un événement tragique, comme le soulignait récemment le blogueur techno Michael Arrington sur TechCrunch. Car le site se pose même en fer de lance du journalisme citoyen. Il arrive souvent que des témoins d'un événement publient en quelques mots ce qu'ils viennent de voir.
À titre d'exemple, la première personne à parler de l'amerrissage de l'Airbus A320 de US Airway à New York, en janvier l'a fait sur Twitter: Janis Krums a même diffusé une photo de la scène. Ce n'est qu'un exemple, car, dès qu'un événement important survient dans l'actualité, il y a fort à parier que des internautes sur place donneront des détails ou prendront des photos qu'ils partageront sur TwitPic, comme cela a été le cas lors des incendies de février en Australie, des attentats terroristes de Bombay, perpétrés en novembre dernier, ou encore du tremblement terre survenu en Chine en mai 2008. Dans une série de plusieurs billets (1, 2, 3 et 4), Claude Malaison, président d'ÉmergenceWeb, une firme spécialisée en communication interactive et médias sociaux, expose comment il a suivi les attentats en Inde. Un extrait: « Je vais vivre les heures suivantes sur l'adrénaline et réaliser sans le savoir au début, une expérience inédite de micro-journalisme... car c'est ce que j'ai l'impression de vivre. Avec ceux et celles qui font la même chose que moi en Inde, aux USA ou ailleurs, solidairement, nous « scoopons » tous les médias traditionnels de plusieurs heures et continuons à le faire régulièrement durant TOUT le cours de cette tragédie. » Le réflexe de plusieurs journalistes est maintenant d'être à l'affût de ces observations citoyennes. Sur son blogue Suivez le geek (écrit à quatre mains), le journaliste du Figaro Laurent Suply fait un plaidoyer en faveur de Twitter comme source d'information. Se méfier des risquesUne des difficultés inhérentes à un site servant de journalisme citoyen, encore plus lorsque celui-ci mise sur la rapidité de la transmission de l'information, c'est de départager le vrai du faux, qui peuvent aussi bien l'un que l'autre se propager comme une traînée de poudre.
Par ailleurs, plusieurs médias se servent eux-mêmes de Twitter pour maintenir le contact avec leurs internautes. Des grands médias comme CNN, BBC et le New York Times comptent des dizaines, voire des centaines de milliers d'abonnés. Lors de la fusillade survenue dans une école de Winnenden, en Allemagne, la semaine dernière, les journalistes de France 24 ont eu le réflexe de chercher un témoin de l'événement sur Twitter. Résultat: 52 minutes plus tard, une jeune femme témoignait à l'antenne. Au-delà des entreprises de presse, plusieurs journalistes ont eux aussi fait le saut Twitter. Au Business Week, par exemple, le rédacteur en chef John Byrne a commencé récemment à raconter ce qui se passait dans la salle de rédaction du magazine. Aujourd'hui, près d'une quarantaine de ses journalistes tiennent un microblogue. Quand les médecins s'y mettent...Qu'un hôpital fasse le virage Twitter, c'est plus surprenant. Or, en février dernier, une équipe médicale de l'hôpital Henry Ford, au Michigan, a décrit, en temps réel, une opération chirurgicale visant à retirer une tumeur cancéreuse du rein d'un patient. Étalée sur plus de 7 pages, l'opération de trois heures a été suivie par des médecins, des étudiants en médecine et de simples curieux. Les internautes ont donc pu lire en direct que l'opération commençait, que la tumeur était enlevée par robotique, que la dissection des vaisseaux sanguins venait de se terminer, que le médecin venait de séparer la glande surrénale de la tumeur, que celle-ci était plus grosse que prévu, etc. |