Une étude donne raison à Claude Robinson

Claude Robinson acuse Cinar d'avoir plagié. L'auteur Claude Robinson

Une étude commandée par la GRC en 2001, et rendue publique au terme d'un recours judiciaire intenté par Radio-Canada et deux quotidiens, conclut que l'oeuvre de Claude Robinson aurait été plagiée par la maison de production Cinar.

La Cour supérieure donne raison à Radio-Canada, La Presse et Le Devoir, qui réclamaient le droit de diffuser les conclusions d'une étude commandée par la GRC dans l'affaire Robinson contre la maison de production Cinar. L'étude de 300 pages conclut que l'oeuvre de Claude Robinson aurait été plagiée par Cinar.

La GRC détient depuis avril 2001 une étude qui donne raison à l'auteur Claude Robinson. À cette époque, la GRC mène une deuxième enquête criminelle sur des allégations de plagiat de Claude Robinson, qui accuse Cinar d'avoir violé ses droits d'auteur en produisant la série Robinson Sucroé.

L'animation « Robinson Sucroé », réalisée par Cinar, fait l'objet d'un litige avec Claude Robinson.

La GRC demande donc au groupe Quatu'Art de comparer l'oeuvre de Cinar, Robinson Sucroé, et celle de Claude Robinson, Robinson Curiosité.

Le rapport affirme que sur le fond:

  • l'idée originale et le synopsis général sont extrêmement ressemblants;
  • les personnages principaux sont aussi extrêmement ressemblants;
  • les décors, les lieux et les accessoires sont très ressemblants;
  • enfin, les thèmes principaux et les intrigues secondaires sont passablement ressemblants.

Dans une lettre envoyée à la GRC, un des auteurs de l'étude, Pierre A. Morin, conclut que « près de 70 % du matériel original créé par M. Claude Robinson se retrouve dans Robinson Sucroé de Cinar ».

« Le nombre de ressemblances à tous les niveaux s'avère beaucoup trop important pour n'être que le fruit d'une malencontreuse coïncidence. » — Pierre A. Morin, un des auteurs de l'étude de Quatu'Art

Le juge de la Cour supérieure, Claude Auclair, permet maintenant la diffusion de cette étude parce qu'il affirme que la GRC a renoncé à sa confidentialité. « Les médias ont soutenu que la documentation était publique. La transparence du processus judiciaire sont des idéaux importants », soutient Me Barry Landy, avocat des médias.

Le juge Claude Auclair a cependant refusé d'admettre l'étude de Quatu'Art en preuve dans la cause civile qui oppose Claude Robinson à Cinar. Dans son jugement du 3 octobre dernier, il fait valoir que deux expertises ont déjà été déposées au dossier et qu'une troisième aurait retardé le déroulement de l'actuel procès.

Peu importe les expertises déposées en preuve, il appartient désormais au juge Claude Auclair de décider s'il y a eu plagiat ou non. Les plaidoiries des avocats de Claude Robinson et de Cinar débutent le 3 mars.