![]() SociétéViolence conjugale Appel aux prochesMise à jour le dimanche 18 janvier 2009 à 20 h 36
Québec a dévoilé, dimanche, une nouvelle offensive publicitaire pour contrer la violence conjugale. Des publicités dérangeantes seront diffusées. Elles invitent en termes non équivoques les proches des victimes de violence conjugale à ne pas demeurer silencieux. La ministre de la Justice, Kathleen Weil, indique que la campagne s'attaque à l'aspect criminel de la violence conjugale. « C'est un appel à l'action, on vous demande de dénoncer », dit-elle. Le fléau de la violence conjugale demeure bien réel au Québec. En 2007, les corps policiers de la province ont recensé 17 343 infractions, dont 12 meurtres, commis dans un contexte conjugal. Près de 9 victimes sur 10 étaient âgées de 18 à 49 ans. Seule donnée encourageante: ces crimes ont connu une diminution de 3 % comparativement à 2006.
Toutefois, selon une étude réalisée par le groupe À coeur d'hommes, ces chiffres ne reflètent qu'une partie de la réalité. Daniel Blanchette, président du regroupement, estime que seulement 37 % des situations de violence conjugale sont connues des policiers. Cette évaluation suppose que beaucoup de femmes vivent encore le problème de la violence dans l'ombre. À coeur d'hommesÀ coeur d'hommes est un regroupement de 25 organismes communautaires, répartis dans 13 régions du Québec, qui offrent aux hommes des services spécialisés d'intervention de groupe pour contrer la problématique de la violence conjugale. Le plan quinquennal d'action gouvernementale pour lutter contre la violence conjugale se termine cette année. Ce plan, orchestré par 10 ministères, a géré une augmentation des budgets. La ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, Christine St-Pierre, indique que Québec a doublé le financement des centres d'hébergement. Celui-ci est passé de 29 millions de dollars à 61 millions. Ces mesures, qui ont permis d'améliorer les services aux victimes, sont applaudies par les groupes d'intervention. « Le Québec est la seule province canadienne qui a une politique, et on peut dire que cette politique est un phare dans tout le monde occidental », soutient Irene Demczuk, de la Fédération des ressources d'hébergement pour femmes violentées et en difficulté du Québec. Les organismes attendent maintenant de voir en quoi consistera l'aide gouvernementale qui leur sera accordée à partir de 2010. Dossiers en profondeur
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