Prendre le vaccin en grippe

Infirmière

Qui dit hiver, dit grippe. En raison de la nature de leur profession, les travailleurs de la santé sont particulièrement à risque. Pourtant, leur taux de vaccination dans les établissements de santé du Québec stagne depuis deux ans à 47 %, soit loin de l'objectif de 80 % en 2012. Les infirmières sont les plus récalcitrantes, avec moins de 15 % de vaccination dans certaines unités de soins du CHUM.

Les travailleurs de la santé du Québec ne sont vaccinés contre la grippe que dans une proportion de 47 %, une situation qui inquiète les autorités sanitaires.

« Les travailleurs de la santé peuvent exposer des personnes à risque dans les établissements de santé. C'est pour ça qu'on veut augmenter leur couverture vaccinale. » — Dr Horacio Arruda, directeur de la protection de la santé publique du Québec

Les établissements de santé tentent de convaincre leur personnel. Le CHUM opte, par exemple, pour des saynètes dans tous les services, des courriels et des trousses d'information. L'objectif: faire passer de 35 % à 50 % le taux de vaccination des employés.

Mais cette sensibilisation se heurte à la résistance des personnes concernées. « Les gens ne se font pas vacciner parce qu'ils se sentent invincibles... jusqu'à ce qu'un jour, ils l'attrapent », explique Doris Gagné, porte-parole de l'Association paritaire pour la santé et la sécurité du travail du secteur affaires sociales.

Devant ce constat, Suzanne Paulhus, chef Prévention et sécurité au travail au CHUM, demeure optimiste: « On va finir par les atteindre, ces gens-là. On va les avoir avec nous autres ».

Désaccord dans les rangs

Du côté du personnel soignant, la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec refuse d'appuyer cette campagne de sensibilisation, de crainte que la vaccination ne devienne obligatoire pour les infirmières.

« Il y a des gens qui commencent à être réfractaires à recevoir des vaccins de façon régulière, pour toutes sortes de raisons qui leur appartiennent et qu'on n'a pas à juger. » — Michèle Boisclair, vice-présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec

Un point de vue que déplore l'Ordre des infirmières: « Nous estimons que, quand la direction de la santé publique émet une directive pour améliorer la santé de l'ensemble de la population, c'est le minimum qu'elles collaborent », déclare Gyslaine Desrosiers, présidente de l'Ordre.

En cas de pandémie ou d'éclosion de grippe dans un centre hospitalier, les employés non vaccinés risquent de se voir refuser l'accès à leur lieu de travail, mentionne la Direction de la santé publique.

La grippe cause de 1000 à 1500 décès par année au Québec, soit plus que le C. difficile. Ce virus est responsable de 10 000 hospitalisations par an.