Un bilan critiqué

  |  Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Sam Hamad Le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Sam Hamad (archives)

À deux jours du déclenchement probable d'élections générales au Québec, le gouvernement Charest a poursuivi son bilan, lundi, en parlant cette fois de lutte contre la pauvreté.

Le gouvernement du Québec estime avoir amélioré la situation financière des familles moins nanties depuis 2003. Des groupes sociaux estiment toutefois que les personnes seules sont laissées pour compte.

Le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Sam Hamad, a annoncé que le plan d'action gouvernemental en cette matière serait prolongé d'un an, soit jusqu'en 2010. Après quoi, les libéraux souhaiteraient tenir une nouvelle consultation.

Entre le lancement de ce programme, en 2004, et sa fin prévue, en 2009, le gouvernement y aura investi plus de 3 milliards de dollars. Notons toutefois que le Plan d'action gouvernemental en matière de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale ne touche pas seulement ces problèmes, mais comporte aussi des investissements pour le maintien à domicile, les logements adaptés pour les personnes handicapées et l'accessibilité à l'aide juridique.

Sam Hamad affirme que 64 000 personnes ont quitté l'aide sociale entre 2003 et 2008 au Québec. Cela a également touché 24 000 enfants. Le ministre soutient que le revenu disponible de certains ménages a augmenté du quart.

M. Hamad a admis que c'était surtout la situation des familles qui avait connu une amélioration, tandis que celle des personnes seules restait souvent difficile. Il a rappelé notamment la hausse du salaire minimum à 8,50 $ et la gratuité des médicaments pour les assistés sociaux.

Réactions mitigées

Le Collectif pour un Québec sans pauvreté a souligné que le revenu des personnes seules bénéficiant de l'aide sociale avait diminué depuis 2003. Il accuse le gouvernement d'appauvrir les plus démunis en indexant les prestations d'aide sociale à seulement la moitié de la hausse du coût de la vie. Il martèle que ce sont surtout des personnes seules qui sont touchées par la pauvreté.

De son côté, le porte-parole de l'organisme Jeunesse au soleil, Tommy Kulczyk, a souligné que plusieurs travailleurs au bas salaire avaient recours aux banques alimentaires, et que le seul fait de ne plus être prestataire de l'aide sociale n'était pas suffisant.

Tant M. Kulczyk que le Collectif ont reconnu une amélioration de la situation de certaines personnes moins bien nanties. Tommy Kulczyk souhaite que la pauvreté et l'exclusion sociale soient des enjeux de la prochaine campagne électorale.

Selon Statistique Canada, le seuil de pauvreté pour une personne seule vivant dans une grande ville est d'environ 20 000 $.