Contre la privatisation

  |  Radio-Canada avec La Presse Canadienne
melanome-examen-medecin   © AFP/FRED TANNEAU

Faire avorter la privatisation du système de santé. Voici l'objectif que se fixent les Médecins québécois pour le régime public, un regroupement qui compte quelque 200 membres.

Les Médecins québécois pour le régime public se mobilisent contre la privatisation du réseau de la santé. Ils réclament un moratoire sur tout développement du privé dans ce secteur.

Ces professionnels tiennent mardi soir une assemblée à Montréal pour formuler des demandes aux partis politiques québécois dans la perspective d'une campagne électorale au Québec.

« On veut formaliser notre structure pour affronter les enjeux qui sont majeurs pour notre système de santé », a déclaré la présidente du regroupement, la docteure Saïdeh Khadir.

Dre Khadir est particulièrement inquiète depuis la publication récente de deux rapports. D'abord celui du Protecteur du citoyen du Québec, qui a dénoncé les graves lacunes entourant la protection des patients dans les ententes signées avec les cliniques privées.

Dre Khadir rappelle, d'autre part, le rapport de la Coalition ontarienne pour la santé, qui analyse les problèmes cruciaux causés par le développement rapide du système privé au Canada. Le document fait état d'une érosion dans le régime public de soins.

Un moratoire réclamé

Les Médecins québécois pour le régime public réclament un moratoire sur tout nouveau développement du système privé dans le réseau de la santé. Ils veulent aussi des garanties quant au maintien à long terme du système de santé public.

Dre Khadir estime que « la meilleure preuve que les médecins croient dans le régime public, c'est que sur 18 000 médecins au Québec, il n'y en a que 153 qui sont désaffiliés. C'est une preuve que les médecins se sentent bien dans le régime public ».

Même si le nombre de médecins désaffiliés n'est pas « énorme » pour le moment, elle soutient néanmoins que chaque médecin perdu pour le régime public a un impact important.

« Il y avait 13 médecins de famille désaffiliés au début des années 2000, et maintenant ils sont à peu près 80. Dans bien des cas, ils le font pour une pratique plus légère, plus lucrative. Ça met à mal le système public, parce que, si on calcule qu'un médecin de famille voit au minimum 2000 patients par année, ça fait 80 fois 2000. Ce sont donc 160 000 patients au Québec qui n'ont pas accès aux services gratuits d'un médecin de famille », a expliqué la présidente de Médecins québécois pour le régime public.

La qualité des soins recule au CanadaD'après une étude du Conference Board, le Canada a nettement reculé dans un palmarès classant les pays selon la santé de leurs habitants et la qualité de leurs soins de santé.

Le Canada occupe la 10e place sur une liste de 16 pays. Il était au 5e rang dans les années 90. C'est le Japon qui trône au sommet du classement, suivi de la Suisse et de la Suède.

Le Conference Board n'écarte pas une autre dégringolade dans le palmarès si le Canada ne fait rien pour contrer des maladies chroniques comme le diabète.