La radio de Radio-Canada a appris que la protectrice du citoyen, Raymonde Saint-Germain, va tenter de rapidement déterminer si la réaction de Québec à la crise de la listériose, au début du mois de septembre, a été excessive ou si elle était justifiée.
La protectrice du citoyen du Québec vient de déclencher une enquête afin de déterminer si le ministère québécois de l'Agriculture a réagi de manière excessive en confisquant des milliers de kilos de fromage.
Mme Saint-Germain, qui n'a pas attendu les plaintes du public pour déclencher une enquête, se demande si la gestion des risques et de l'intérêt public était adéquate dans ce dossier et si la saisie de milliers de kilos de fromage par le ministère de l'Agriculture était justifiée.
Des fromagers accusent Québec d'avoir cédé à une panique injustifiée en ordonnant les saisies de fromages.
La protectrice du citoyen s'interroge aussi sur la pertinence d'avoir ordonné la destruction des fromages avant même que la présence de la bactérie Listeria monocytogenes ait été confirmée.
Un fromager de la Rive-Sud de Montréal a fait parvenir une mise en demeure au ministère, voilà quelques jours, pour qu'on lui rembourse les pertes encourues à la suite de la saisie de ses produits. L'entrepreneur estime que Québec n'avait aucune raison suffisante de croire que ses produits étaient contaminés.
Raymonde Saint-Germain va d'ailleurs se pencher sur les dommages subis par les fromagers québécois afin de s'assurer, comme elle le précise, que s'il y a eu préjudices, ceux-ci seront corrigés.
Et si au terme de son enquête la protectrice du citoyen conclut plutôt que la conduite de Québec dans cette affaire était justifiée, le gouvernement Charest obtient de facto un appui de taille dans ce dossier très litigieux.