Le palmarès des écoles suscite chaque année de vives polémiques au Québec. Que feront deux palmarès? En effet, l'Institut Fraser a publié son étude aujourd'hui, tandis que l'Institut économique de Montréal publiera la sienne le mois prochain.
Après huit ans de collaboration, l'Institut Fraser et l'Institut économique de Montréal choisissent de publier deux palmarès différents. L'actualité choisit le second.
Depuis huit ans, le magazine L'actualité dévoilait en exclusivité un palmarès des écoles, réalisé conjointement par l'Institut Fraser et l'Institut économique de Montréal. L'actualité obtenait les données gratuitement, afin de l'analyser avec la rigueur journalistique nécessaire et en toute indépendance, précise Carole Beaulieu, rédactrice en chef, interrogée par Radio-Canada.ca.
Mais cette année, le magazine publié par Rogers dévoilera son palmarès en octobre, tandis que deux journaux du groupe Quebecor ont dévoilé le leur ce vendredi.
Interrogée sur les raisons de ce changement, la rédactrice en chef de L'actualité explique que les deux instituts ont « divorcé ». Cette année, chacun des deux organismes a réalisé sa propre étude.
L'actualité choisit l'Institut économique de Montréal
Le magazine s'est vu offrir les deux et a opté pour celui de l'Institut économique de Montréal. « L'actualité diffuse ces données dans le but de faire évoluer la discussion sur la performance des écoles. À cet égard, l'étude de l'Institut économique de Montréal est plus intéressante », estime-t-elle. Le palmarès, qui sera publié au mois d'octobre, contiendra de nouvelles variables, explique Mme Beaulieu.
Consciente des « discussions difficiles » qu'une telle étude provoque, Mme Beaulieu explique que le but de L'actualité est de promouvoir de meilleurs pratiques, et non de dénoncer.
La sélection des élèves en question
Regrette-t-elle son choix à la lecture du palmarès publié vendredi? « Pas du tout », affirme-t-elle, avant de s'interroger sur la pertinence de le séparer en deux classements - les écoles publiques et les écoles privées.
L'Institut Fraser a en effet décidé cette année de publier deux classements, un pour les écoles publiques et un autre pour les écoles privées, afin d'offrir un meilleur comparatif aux lecteurs. Du même coup, il veut faire taire ceux qui l'accusent de comparer des écoles qui ne disposent pas du tout des mêmes ressources.
Des écoles publiques se démarquent
Les écoles secondaires publiques remontent lentement la pente au Québec, si on en croit Le Bulletin annuel des écoles secondaires du Québec de l'Institut Fraser, publié jeudi dans les pages du Journal de Montréal.
Ce classement des écoles est élaboré chaque année par l'Institut Fraser sur la base d'une série d'indicateurs tels que les résultats aux examens du ministère de l'Éducation, les taux d'échec et le taux d'obtention de diplômes.
Bien que cette année encore le palmarès des meilleures écoles soit dominé par des établissements privés, les écoles publiques y affichent une nette progression.
11 écoles décrochent une note parfaite
Selon les critères retenus par l'Institut Fraser, 11 écoles de la province ont obtenu une note parfaite de 10. Parmi elles, deux écoles publiques de Montréal ont décroché la note parfaite. Il s'agit de l'École internationale de Montréal (Westmount) et du Collège Saint-Louis. Les neuf autres notes parfaites sont attribuées à des établissements d'enseignement privés dont 6 sont situés à Montréal.
Outre ces deux notes parfaites, dix écoles - dont neuf publiques - affichent une importante progression. Cette amélioration s'observe dans des écoles autant de milieux aisés, que de secteurs plus défavorisés.
« Ces écoles qui s'améliorent rapidement sont une source d'inspiration pour les autres établissements au Québec », a déclaré à La Presse canadienne Tasha Kheiriddin, coauteure du Bulletin et directrice pour le Québec et la Francophonie à l'Institut Fraser.
Parmi les écoles privées qui se classent en tête, notons le Collège Jean-de-Brébeuf et le Collège Jean-Eudes ainsi que le Collège Charlemagne et le Collège Sainte-Anne à de Lachine.
Plusieurs intervenants du milieu scolaire québécois critiquent, au contraire, la fidélité de ce portrait. C'est notamment le cas de Réjean Parent, président de la Centrale des syndicats du Québec: « Je pense que dans le palmarès de l'Institut Fraser il n'y a qu'une seule fin qui est visée, c'est le dénigrement de l'école de façon à pouvoir ouvrir la porte à la privatisation complète du système scolaire ».