Des paniers bio. Vraiment?

Carottes

L'organisme Équiterre prend connaissance d'une enquête effectuée par le quotidien Le Devoir et travaille à en vérifier les résultats.

Équiterre réagira demain à l'enquête du Devoir selon laquelle des fermiers vendent illégalement des légumes qualifiés de « biologiques ».

Selon cette enquête, 12,6 % des fermes inscrites cette année dans le réseau d'approvisionnement en fruits et légumes biologiques d'Équiterre trompent les consommateurs en leur livrant des produits non biologiques.

Ces fermes n'ont pas les certifications complètes obligatoires pour pouvoir accoler le label « biologique » aux légumes qu'ils vendent sur ce marché parallèle.

En conséquence, ces agriculteurs enfreignent les lois québécoises.

Des 95 « fermiers de famille » inscrits dans le réseau, qui ont fait l'objet de l'enquête du Devoir, 12 affichent une certification incomplète ou inexistante, selon le Conseil des appellations réservées et des termes valorisants (CARTV).

La Loi sur les appellations réservées oblige commerçants, agriculteurs ou restaurateurs à posséder une certification délivrée par l'un des certificateurs reconnus par Québec pour pouvoir qualifier leurs produits de biologiques. La certification « biologique » est un privilège réservé aux producteurs qui excluent les organismes génétiquement modifiés (OGM) et le recours aux pesticides ou aux engrais chimiques.

Des conditions sévères

Les fermiers peuvent obtenir cette certification pour leur exploitation à certaines conditions:

  • débourser quelques centaines de dollars par année;
  • changer leurs habitudes de production;
  • subir des contrôles, dont certains sans avertissement.

L'enquête du journal Le Devoir révèle que certaines exploitations agricoles inscrites sur la Liste des fermes 2008 diffusée sur le site Internet d'Équiterre n'ont plus de certification valide depuis près de deux ans. D'autres fermes n'apparaissent même pas dans les registres des certificateurs dont leurs propriétaires se réclament. D'autres, enfin, font partie du réseau de « paniers bios », selon l'enquête du Devoir, en ayant seulement une « précertification ». Cela signifie qu'elles n'ont pas le droit d'accoler le qualificatif « biologique » à leurs produits.

Mis en place en 1996, le réseau d'agriculture d'Équiterre devrait nourrir cette année près de 11 000 familles au Québec. Les fermiers participants livrent chaque semaine directement aux consommateurs des paniers à quelque 350 points de chute. Ce mode de distribution aurait généré en 2006 des retombées économiques d'environ 3,8 millions de dollars, selon Équiterre.

L'organisme fera connaître sa réaction à l'enquête du Devoir mardi matin, après avoir procédé à des vérifications. Selon la porte-parole de l'organisme, Èveline Trudel-Fugère, Équiterre est déçu de ne pas avoir eu l'occasion de prendre connaissance de cette enquête, d'y réagir et de fournir des informations complémentaires.