Dimanche 12 février 2012 23 h 50 HNE
![]() Société / Bulletins de nouvelles L'information déshabilléeMise à jour le jeudi 12 juin 2008 à 10 h 50
Les bulletins de nouvelles de Radio-Canada consacrent plus de temps moyen à chaque nouvelle que les autres grandes chaînes québécoise et françaises. C'est la conclusion à laquelle est parvenue Marie-Ève Carignan, au terme de ses études de maîtrise à l'Université du Québec à Trois-Rivières. Mme Carignan a effectué une étude comparative de sept bulletins de nouvelles présentés par quatre chaînes de télévision du Québec et de la France. Au total, elle a étudié 28 bulletins diffusés entre le 6 mars et le 3 mai 2006 sur les ondes de:
Son étude précise que la SRC consacre près de 2 minutes à chaque sujet de nouvelle. Par contre, TF1 est la chaîne qui passe le plus rapidement sur chaque nouvelle, soit une moyenne de 1 minute et 15 secondes. En conséquence, TF1 a traité 170 sujets au cours de ses sept bulletins analysés, contre 129 pour Radio-Canada. Les cousins sont différents Cette étude comparative a permis à Mme Carignan de constater de nombreuses différences entre les bulletins français et québécois. En France:
En France, l'approche est plus traditionnelle. Les Français sont surpris de voir nos journalistes commenter les faits en direct à l'écran. Ils y voient un risque de biais dans la présentation de la nouvelle. — Marie-Ève Carignan Radio-Canada contre TVA Dans un premier temps, Mme Carignan reconnaît que les bulletins de Radio-Canada et de TVA se ressemblent plus entre eux qu'ils ne ressemblent aux bulletins français. Les deux chaînes se distinguent cependant par le temps alloué à la publicité. Selon son analyse, la présence de cette dernière réduit le temps alloué aux nouvelles à TVA. Les sept bulletins de la chaîne privée consacraient près de 204 minutes aux nouvelles, contre 255 minutes et 24 secondes pour Radio-Canada. C'est un déficit de 20 % pour le diffuseur privé. À TVA, la nouvelle a aussi un sexe: le nombre de journalistes masculins est plus du double de celui des femmes. La chercheuse a aussi noté un écart à Radio-Canada. Mais il est moins grand et il avantage les femmes. Mme Carignan a dénombré 26 hommes et 33 femmes, sans compter les chefs d'antenne, sur les ondes de la société d'État. Les ressemblances priment Toutefois, Mme Carignan a remarqué plus de ressemblances que de différences entre les contenus des chaînes privées et ceux des chaînes publiques; entre les chaînes québécoises et les chaînes françaises. Ainsi, la priorité des thèmes, selon elle, était la même sur les quatre chaînes:
Radio-Canada fait exception sur un thème: les nouvelles militaires. Elle est la seule des quatre chaînes à les mettre au premier plan. L'armée canadienne en Afghanistan occupe la sixième place parmi les 10 thèmes les plus fréquents sur les ondes de la société d'État, mais ne figure pas sur la liste de TVA. Le traitement marque les différences « La différence se situe plutôt dans la façon de présenter les nouvelles », souligne Mme Carignan. De ce point de vue, TVA se démarque de deux façons, selon elle :
Ces intervenants sont issus de tous les milieux - politique, sportif ou de la santé - et sont tous liés à l'actualité québécoise. À Radio-Canada, ils viennent presque exclusivement du monde politique et sont originaires du Québec, du Canada ou parfois des États-Unis. Selon Marie-Ève Carignan, une telle analyse permet de guider le questionnement sur les différentes sources d'information et sur les influences qu'elles peuvent exercer sur la construction sociale de la réalité. Hyperlien externe
Les bulletins télévisés du Québec et de la France à la loupe
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