Injection supervisée
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PC/Jonathan Hayward
La radio de Radio-Canada a appris que le gouvernement du Québec a l'intention d'ouvrir des salles d'injection supervisée où les toxicomanes pourront s'injecter leur drogue en toute sécurité. Ce faisant, Québec entend s'inspirer du projet controversé du centre-ville de Vancouver qu'Ottawa veut suspendre.
La radio de Radio-Canada apprend que le gouvernement du Québec songe à ouvrir des salles d'injection sécuritaire pour les toxicomanes. Il veut ainsi s'inspirer du projet controversé de Vancouver, que le gouvernement fédéral veut suspendre.
Le gouvernement Charest a décidé d'intégrer ce projet dans la dernière version de son programme national de santé publique. L'objectif est d'avoir des salles d'injection supervisée dans les principales régions du Québec, d'ici quatre ans.
Le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec croit qu'une salle d'injection sous la supervision de professionnels permet d'améliorer la santé des toxicomanes et la sécurité du public en général.
« On ne leur fournit pas de drogue, c'est-à-dire qu'ils peuvent venir dans un milieu où il y a des intervenants de santé ou communautaires qui leur permettent quand même de s'injecter de façon adéquate leur drogue plutôt que de le faire dans la rue », explique le directeur de la protection de la santé publique du Québec, Horacio Arruda.
Un centre et des avantages
Selon lui, cette pratique présente divers avantages, car elle réduit les risques de surdose mortelle et de transmission du virus du VIH/sida et de l'hépatite C. De plus, la population se sentirait plus en sécurité, puisqu'il y aurait moins de seringues jetées par terre.
Horacio Arruda ajoute que c'est aussi « une opportunité, probablement, de voir si on peut réinsérer [les toxicomanes] d'un point de vue social et même leur offrir des services de lutte [contre] la toxicomanie ». Il estime qu'il y a suffisamment d'études qui prouvent que l'injection supervisée est une stratégie efficace.
Au Québec, on recense environ 23 000 personnes qui s'injectent des drogues, comme la cocaïne et l'héroïne. Ils le font dans des ruelles ou dans des piqueries insalubres, et parfois avec des seringues souillées. C'est la raison pour laquelle, chaque année, plus d'un millier d'entre eux attrapent l'hépatite C ou le virus du VIH/sida.
C'est donc pour réduire les risques que des pays européens, pionniers dans ce domaine, ont aménagé des locaux pour permettre aux toxicomanes de s'injecter leur drogue en toute légalité et dans des conditions sécuritaires.
Des réactions à Ottawa
Ottawa a réagi tièdement à cette intention du gouvernement du Québec. Le ministre fédéral de la Santé, Tony Clement, ne s'est toutefois pas formellement opposé au projet, même si Ottawa porte en appel un jugement de la Cour suprême de la Colombie-Britannique. Ce jugement autorise le fonctionnement d'un tel centre, Insite, situé à Vancouver.
En effet, la semaine dernière, le gouvernement Harper indiquait son intention de voir le seul site d'injections supervisées en Amérique du Nord fermer ses portes. Il accueille environ 600 personnes par jour.
Le ministre fédéral de la Santé considère que les injections supervisées ne constituent pas un traitement à la dépendance aux drogues.
Il s'est bien gardé de soulever cet argument lorsqu'il a été questionné sur le projet au Québec.
Une exemption à la loi
Ottawa considère qu'il a son mot à dire, puisque le site de Vancouver a pu ouvrir ses portes en 2003 avec une exemption à la loi accordée par le gouvernement fédéral.
Toutefois, selon le leader parlementaire du Bloc québécois, Pierre Paquette, cette question relève des provinces.