L'Afrique est le continent le plus durement frappé par le VIH/sida.
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AFP/TONY KARUMBA
L'ONU prévoyait que 3 millions de personnes infectées par le VIH/sida dans le monde seraient traitées aux antirétroviraux dès 2005.
Près de 3 millions de séropositifs sont désormais traités aux antirétroviraux dans les pays les plus démunis, selon l'Organisation mondiale de la santé. On atteint toutefois cet objectif des Nations unies avec deux ans de retard.
Mais il a fallu attendre deux ans pour que l'objectif soit finalement atteint. L'Organisation mondiale de la santé (OMS), l'ONUSIDA et l'UNICEF font état de la situation dans un nouveau rapport publié lundi.
Ce retard n'empêche pas les responsables de l'OMS d'afficher leur satisfaction. « Si chaque objectif des Nations unies était atteint avec seulement deux ans de retard, le monde se porterait mieux », affirme le Dr Kevin De Cock, directeur du département du VIH/sida à l'OMS.
Le rapport de l'OMS souligne aussi d'autres progrès tels que:
« Il s'agit d'une réalisation remarquable pour la santé publique », observe la Dre Margaret Chan, directrice générale de l'OMS. « Elle prouve que l'engagement et la détermination permettent de surmonter tous les obstacles. Les gens qui vivent dans les pays les plus démunis peuvent reprendre une vie économiquement et socialement productive grâce à ces médicaments salvateurs », ajoute la Dre Chan.
L'Afrique
Le nombre de personnes sous traitement antirétroviral a été multiplié par 7,5 au cours des quatre dernières années. En Afrique, la région la plus frappée dans le monde, plus de 2 millions de personnes reçoivent des antirétroviraux. On n'en comptait que 100 000 environ en 2003.
C'est la preuve « qu'il est possible d'obtenir des traitements, même dans les régions les plus reculées », estime Paul Zeitz, directeur exécutif de Global AIDS Alliance. Il faut néanmoins savoir que ces médicaments ne sont distribués qu'à 31 % des gens qui en auraient besoin dans le monde, et que, chaque année, le nombre de nouveaux cas dépasse celui des nouveaux malades traités.
Selon les Nations unies, 33 millions de personnes vivent avec le VIH et près de 2,5 millions d'infections se déclarent chaque année. « Des millions de personnes attendent le traitement », déplore le Dr De Cock.
Il y a d'autres obstacles majeurs au traitement, par exemple l'ignorance qu'ont les personnes de leur séropositivité. C'est un problème que connaissent aussi les pays riches. Aux États-Unis, par exemple, seuls 55 % des gens malades bénéficient de médicaments antisida.
Les futures mères et les enfants
Le rapport souligne que près de 500 000 futures mères avaient accès à des antirétroviraux destinés à éviter la transmission à leurs enfants à naître, à la fin de l'année 2007. Elles n'étaient que 350 000 en 2006.
Durant la même période, la thérapie antirétrovirale était administrée à 200 000 enfants contre 127 000 seulement à la fin de 2006. La difficulté de dépister le VIH chez les nourrissons reste cependant un obstacle majeur au progrès.
« Nous constatons des progrès encourageants dans la prévention de la transmission du VIH de la mère au nouveau-né, assure Ann M. Veneman, directrice générale de l'UNICEF. Ce rapport doit nous inciter à redoubler nos efforts au nom des enfants et des familles affectées par le VIH/sida. »
Une mise en garde pour l'avenir
Les auteurs du rapport tirent une sonnette d'alarme malgré les progrès réalisés jusqu'à maintenant. Ils disent que la faiblesse des systèmes de santé dans les pays les plus affectés, par exemple leur difficulté à former et retenir des professionnels de la santé, risque de ralentir l'élargissement futur de l'accès à la thérapie antirétrovirale.