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Devenir mère avant 20 ans ne mène pas nécessairement au chômage ou à la pauvreté. Le fait de poursuivre des études peut en effet réduire les conséquences socioéconomiques négatives d'une grossesse précoce.
Une étude de Statistique Canada révèle que la situation économique à long terme des femmes qui enfantent avant l'âge de 20 ans n'est pas nécessairement difficile.
C'est ce que révèle une nouvelle étude intitulée Que sont devenues les mères adolescentes de 1993 à 2005? et publiée par Statistique Canada.
Cette étude, fondée sur l'Enquête sur la dynamique du travail et du revenu, étudie les caractéristiques personnelles et socioéconomiques à long terme des femmes âgées de 30 à 39 ans qui sont devenues mères à l'adolescence.
Selon l'auteure de l'étude, on pense généralement que le fait de devenir mère à l'adolescence entraîne des conséquences socioéconomiques négatives à long terme pour les femmes. Toutefois, l'étude montre que cela ne les condamne pas nécessairement à vivre en situation de faible revenu.
L'étude compare les mères adolescentes avec les mères adultes, selon trois critères:
Les mères adolescentes sont des femmes ayant eu leur premier enfant avant l'âge de 20 ans; les mères adultes, à l'âge de 20 ans ou plus.
Niveau de scolarité et travail
Dans l'ensemble, les mères adolescentes avaient une probabilité plus faible que les mères adultes de terminer leurs études secondaires et postsecondaires, même en tenant compte des antécédents familiaux et d'autres caractéristiques.
Toutefois, la probabilité de travailler pour les mères adolescentes âgées de 30 à 39 ans pendant l'année de référence était la suivante:
La chercheure a été frappée par le fait que les mères adolescentes ayant un diplôme d'études secondaires ne se distinguaient pas des mères adultes avec le même diplôme. Elle va plus loin en disant que les mères adolescentes titulaires d'un diplôme ou d'un certificat d'études postsecondaires sont plus susceptibles d'occuper un emploi à temps plein que les mères adultes ayant un niveau de scolarité équivalent (13 points de pourcentage contre 5 au-dessus du profil de référence, c'est-à-dire celui des mères adultes ayant une éducation de niveau secondaire).
Par contre, les mères adolescentes sans diplôme d'études secondaires étaient moins susceptibles (de 9 points de pourcentage) d'occuper un emploi à temps plein. De plus, elles risquaient plus que les mères adultes diplômées de ne pas avoir travaillé l'année de référence.
Faible revenu
L'étude révèle des résultats semblables en termes de revenu. 21 % des familles comptant une mère adolescente avaient un revenu inférieur à la mesure de faible revenu (MFR) de Statistique Canada. Dans les familles dont la femme était devenue mère à l'âge adulte, la proportion était de 12 %.
Les mères adolescentes et les mères adultes sans diplôme d'études secondaires étaient toutes deux plus susceptibles (respectivement de 4 et 5 points de pourcentage) de vivre sous la MFR que les mères adultes ayant un diplôme d'études secondaires.
Antécédents familiaux
L'étude de Statistique Canada montre aussi l'influence exercée par les antécédents familiaux. Les femmes dont les mères avaient terminé leurs études secondaires ou postsecondaires étaient plus susceptibles (de cinq points de pourcentage) de travailler à temps plein que les femmes dont les mères n'avaient pas de diplôme d'études secondaires.
Femmes et mariage
Environ la moitié des mères adolescentes se sont mariées à l'adolescence, contre seulement 8 % des mères adultes. Toutefois, 20 % des mères adolescentes se sont mariées avant la naissance de leur premier enfant, comparativement à 72 % des mères adultes. Les mères adolescentes étaient plus susceptibles de vivre en union libre, mais elles étaient également plus susceptibles de se séparer ou de divorcer. En outre, les mères adolescentes étaient presque trois fois plus susceptibles de déclarer qu'elles se sont mariées plus d'une fois.
L'échantillon se composait de 19 064 mères âgées de 30 à 39 ans au cours de l'année de référence, dont un peu plus de 10 % ont enfanté à l'adolescence. Les années de référence retenues sont 1993, 1996, 1999, 2002 et 2005.