Une parité sans effet notable

Épicerie

La parité des devises canadiennes et américaines est une réalité du marché depuis plus de huit mois. Pourtant, elle tarde à se refléter sur le pouvoir d'achat des Canadiens, qui paient toujours plus cher que les Américains pour les mêmes produits.

Option consommateurs déplore que les détaillants tardent toujours à tenir compte dans leurs prix affichés de la parité entre les dollars canadiens et américains, qui est pourtant une réalité de fait depuis huit mois.

Au cours des derniers mois, Option consommateurs a comparé à trois reprises (en février, avril et mai) 55 produits identiques de consommation courante offerts dans 40 points de vente à Montréal et à Burlington, aux États-Unis.

Conclusion: au dernier coup de sonde, les Canadiens payaient toujours en moyenne pour ces produits 21 % de plus que leurs voisins du sud. Et dans plusieurs cas, les écarts sont bien au-delà.

  • Vêtements: 43 %
  • Épicerie: 30 %
  • Électroménagers: 24 %
  • Restauration rapide: 23 %
  • Automobile: 10 %

Seul dans le lot, l'électronique fait figure d'exception, puisque les prix des articles de cette catégorie sont de 4 % inférieurs à ceux vendus aux États-Unis.

Selon Jean-François Vinet, analyste des services financiers à Option consommateurs, l'argument évoqué par les détaillants suivant lequel les prix s'ajusteraient avec le renouvellement des stocks ne suffit plus à expliquer ces écarts. Entre février et mai, les réductions d'écart ont été minimes.

Il estime que les consommateurs doivent se faire entendre et les enjoint à manifester leur mécontentement en appelant directement au siège social des entreprises.

« Ces écarts de prix sont inacceptables et pénalisent les consommateurs canadiens. » — Jean-François Vinet

M. Vinet soutient que la faible concurrence entre détaillants au Canada, en raison de leur petit nombre, pourrait expliquer en partie la situation. Ainsi, Wal-Mart, HBC, Best-Buy et Sears se partagent 85 % du marché des marchandises générales, tandis que les deux tiers du marché de l'alimentation sont concentrés entre trois groupes.

La Fédération canadienne de l'entreprise indépendante estime cependant qu'il faut s'armer de patience, car, à son avis, il peut se passer entre 18 et 24 mois avant que l'impact des fluctuations des devises sur les prix se fasse sentir.

L'enquête a été effectuée par Option consommateurs en collaboration avec l'équipe de J.E.

En complément

Ailleurs sur le web

Radio-Canada n'est aucunement responsable du contenu des sites externes suggérés ci-après.