La playa esmeralda et son pavillon à Holguin
Après les ordinateurs, les téléphones portables, les râteaux et les pelles, c'est maintenant les hôtels pour étrangers auxquels auront désormais accès les Cubains.
Les Cubains ont désormais le droit de séjourner dans les hôtels pour étrangers du pays, une mesure du nouveau président Raul Castro qui s'inscrit dans une volonté d'alléger les contraintes que le régime imposait jusqu'ici à ses citoyens.
Depuis qu'il a succédé le mois dernier à son frère à la tête du pays, pas une semaine ne passe sans que Raul Castro, comme il s'y était engagé, ne lève une à une ces « interdictions excessives » qui pèsent sur la vie cubaine.
Et, comme à chaque levée d'interdit à Cuba, celle portant sur les hôtels cinq étoiles a une portée symbolique. Entrée en vigueur en catimini, dans la nuit de dimanche à lundi, la décision met fin à une situation considérée par les Cubains comme une humiliation nationale.
Depuis 1996, ils étaient en effet persona non grata dans ces dizaines d'hôtels, construits depuis quinze ans par des consortiums étrangers associés au régime castriste, généralement le long des plus belles portions du littoral cubain, comme Varadero.
L'interdit, décrété trois ans après la décision d'ouvrir au tourisme un pays en plein effondrement économique, visait avant tout à juguler le marché noir et la prostitution qui en avait découlé.
Hôtel de luxe à Cuba
Dorénavant, les Cubains désirant louer une chambre dans un de ces hôtels n'auront qu'à présenter leur carte d'identité et auront en retour droit à tous les services offerts aux étrangers.
Mais un obstacle plus prosaïque limite encore cet accès au plus grand nombre, puisque les Cubains devront acquitter leur facture en peso convertible. Or, peu nombreux sont ceux à avoir accès à cette monnaie, indexée sur le dollar américain.
Dans un pays où le salaire mensuel moyen oscille entre 20 et 25 $, seuls ceux bénéficiant de l'aide financière de membres de leur famille établis à l'étranger, sinon les membres de la nomenklatura, devraient pouvoir profiter de cette levée de sanction. Une chambre d'hôtel coûte en moyenne 120 $ par jour.
Des professionnels du secteur hôtelier interrogés par l'AFP, sous couvert de l'anonymat, se réjouissent néanmoins de la mesure. Ils estiment que le tourisme cubain pourrait relancer une industrie qui stagne à deux millions d'entrées annuelles, et sera notamment bienvenue lors de la basse saison, qui débute en avril.