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Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL

Société

Mise à jour le mercredi 5 mars 2008 à 22 h 13
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Langue française

Léger recul au Québec

France Boucher

La présidente-directrice générale de l'Office québécois de la langue française, France Boucher

C'est dans la tourmente que l'Office québécois de la langue française (OQLF) a rendu public, mercredi, son bilan quinquennal sur la situation du français au Québec.

Une analyse préliminaire de ce bilan, qui s'appuie sur 18 fascicules et études, permet de constater que la langue française est en léger recul au Québec, plus particulièrement à Montréal. Une bonne part des données provient des recensements de 1991 à 2006.

Langue maternelle

Comme rapporté par la présidente-directrice générale de l'OQLF, France Boucher, un peu moins de 80 % des Québécois avaient comme langue maternelle le français en 2006. Il s'agit d'un léger recul par rapport aux années précédentes. En tenant compte uniquement de l'île de Montréal, ce taux chute à moins de 50 %.

Le faible taux de fécondité de la population de langue française et son vieillissement de plus en plus rapide permettent d'expliquer ces baisses. De plus, le poids des allophones augmente de façon générale au Québec, en particulier sur l'île de Montréal, alors que le nombre de francophones diminue.

Langue de travail

En matière de langue de travail, les résultats observés sur l'île de Montréal sont très différents de ceux du reste du Québec. En effet, 93 % des gens hors de Montréal travaillent « uniquement » ou « principalement » en français. Dans la région de Montréal, ce taux tombe à 72 %. Sur l'île de Montréal, il n'est que de 65 %.

Réaction de la ministre

Réagissant lors d'un point de presse au bilan de l'OQLF, la ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, Christine St-Pierre, convient qu'il reste encore beaucoup de travail à faire malgré plusieurs points positifs.

Parmi ceux-ci, elle note la francisation des grandes entreprises qui a atteint des sommets historiques. Elle ajoute que les immigrants choisissent de plus en plus le français et qu'il faut maintenir le cap en cette matière. Enfin, elle se réjouit de constater que les produits culturels québécois attirent de plus en plus les allophones et les anglophones.

Toutefois, d'un point de vue démographique, elle prend note de la diminution de la proportion des francophones dans l'ensemble du Québec et à Montréal. C'est pourquoi elle entend s'inspirer du bilan pour mettre en place un plan d'action au cours des prochaines semaines. Tout en écartant la possibilité de modifier les dispositions de la loi 101, elle a l'intention de protéger et de promouvoir la langue française.

Tout un contrôle

Il faut souligner que le travail des journalistes pour prendre connaissance du bilan et des études n'a pas été facile. En effet, l'OQLF a exercé un contrôle serré de l'information divulguée. Il va sans dire que le millier de pages qui composent ce bilan fera l'objet d'analyses au cours des prochains jours.

Plus tôt, Radio-Canada apprenait qu'un climat tendu règne à l'OQLF. Sa présidente, France Boucher, n'a pas permis à son propre comité d'experts d'approuver ce bilan avant qu'il soit rendu public. Le président du comité a même décidé de démissionner.