La solution des CPE

Trouver une place à 7 $ dans une garderie du Québec n'est pas facile. Les parents doivent souvent inscrire leur enfant sur plusieurs listes d'attente et attendre pendant des mois, parfois même des années. Des regroupements de Centres de la petite enfance (CPE) semblent avoir trouvé une solution qui donne certains résultats.

Des regroupements de Centres de la petite enfance mettent en place un Bureau d'inscription à la liste d'attente un système centralisé qui permet aux parents d'éviter les inscriptions multiples et de réduire le temps d'attente.

Luis Gonzales

Luis Gonzales, par exemple, a mis toutes les chances de son côté en inscrivant son fils sur les listes d'attente de tous les CPE de sa région, avant même la naissance de son enfant. « On faisait un téléthon. On appelait toutes les garderies, tous les CPE pour avoir une place. On se mettait sur toutes les listes », dit-il.

En septembre, il apprend l'existence d'une nouvelle liste centralisée pour les 11 CPE de son secteur. Inscrit sur cette liste, il vient d'apprendre que son fils sera admis dès la semaine prochaine.Il n'aura donc fallu que trois mois - de septembre à novembre - pour trouver une place à son enfant, grâce au Bureau d'inscription à la liste d'attente (BILA).

Ce système centralisé aura permis de ramener la liste du Haut-Richelieu de 4500 à 600 noms, en éliminant les inscriptions multiples, les enfants déjà placés mais toujours inscrits, ceux qui sont à la maison pendant un congé parental et ceux qui ne naîtront que dans plusieurs mois.

Les régions de l'Outaouais et de Québec, où les listes d'attente s'allongent, se sont montrées intéressées à instaurer un tel système centralisé.

Plus difficile à Montréal

À Montréal, où la demande est plus forte, la situation est différente. La coopérative Enfance-Famille, qui coordonne les 9000 places que proposent 55 CPE et milieux familiaux sur l'île de Montréal, compterait 15 000 enfants sur sa liste d'attente.

Michèle Courchesne La ministre Michèle Courchesne

La ministre de la Famille, Michèle Courchesne, convient que les 20 000 places promises d'ici cinq ans sont créées plus lentement que prévu. On en a créé 2000 cette année, et la moitié étaient des places en garderies privées non subventionnées, transformées en places à 7 $. « Peut-être que ce n'est pas une nouvelle place, mais ce parent-là était déjà inscrit sur une liste d'attente », dit-elle.

Pour Johanne Roy, présidente de l'Association québécoise des CPE, il y a encore beaucoup de chemin à faire. « C'est hier qu'on aurait du être en chantier pour le développement. Là, on est en train d'implanter la structure de consultation pour faire le système d'attribution des places. On est impatient. »

Il semble bien que transformer une place de garderie privée en place à 7 $ soit moins coûteux et moins compliqué que de créer de toutes pièces de nouvelles places en CPE. La ministre ne cache d'ailleurs pas qu'on le fera encore pour compléter le réseau à contribution réduite d'ici 2012.