Les gains des jeunes Canadiennes issues de deux parents immigrants étaient nettement plus élevés que ceux des jeunes femmes issues de parents nés au Canada, de 1996 à 2004.
Selon Statistique Canada, l'intégration économique des enfants issus de parents immigrants est réussie chez les femmes, mais pas chez les hommes.
Par contre, chez les jeunes hommes de la deuxième génération, on a constaté un faible avantage en matière de gains.
La principale explication: les jeunes issus de deux parents immigrants avaient un niveau de scolarité plus élevé que leurs homologues issus de parents nés au pays, principalement en raison des taux de décrochage du secondaire nettement plus faibles.
C'est ce que révèle Statistique Canada dans le numéro d'octobre 2007 de L'emploi et le revenu en perspective.
Cette étude porte sur les Canadiens de la deuxième génération âgés de 17 à 29 ans. Cette deuxième génération est constituées de jeunes hommes et de jeunes femmes nés au Canada de deux parents qui ont immigré de 1967 à 1982.
Pour les besoins de l'étude, on compare leur situation à celle de jeunes hommes ou jeunes femmes de la troisième ou quatrième génération.
Les femmes gagnent plus
Dans le cas des femmes, l'étude identifie deux facteurs pour expliquer l'avantage lié à leurs gains horaires:
D'une part, les trois quarts des jeunes Canadiens issus de deux parents immigrants étaient concentrés en Ontario et en Colombie-Britannique. Plus des trois quarts vivaient dans de grands centres urbains. En revanche, la moitié de leurs homologues issus de parents nés au Canada vivaient dans des régions économiquement moins prospères telles que le Canada atlantique, le Québec, le Manitoba et la Saskatchewan. Environ 60 % vivaient dans de petites villes et dans des régions rurales.
D'autre part, les jeunes femmes issues de deux parents immigrants étaient moins susceptibles de s'être mariées ou d'avoir eu des enfants. À la fin de la période de six ans alors qu'elles avaient atteint l'âge de 22 à 34 ans, moins de la moitié de ces femmes s'étaient mariées. Seulement un tiers avaient donné naissance à un enfant ou en avaient adopté ou élevé un. Par contre, plus de 60 % de jeunes Canadiennes issues de parents nés au Canada s'étaient mariées, et près de la moitié avaient eu des enfants.
Les hommes: situation différente
La situation était fort différente chez les jeunes hommes de la deuxième génération. L'étude constate la difficulté de faire des généralisations au sujet des jeunes hommes de la deuxième génération.
L'étude établit une différence entre les hommes appartenant à une minorité visible et ceux qui n'y appartiennent pas.
Toutes choses étant égales, certains hommes de minorités visibles issus de deux parents immigrants semblaient avoir un désavantage significatif au chapitre des gains par rapport à leurs pairs issus de parents nés au Canada.
L'étude a permis d'établir que l'appartenance à une minorité visible n'avait pas d'effet sur les gains des femmes, mais était considérable chez les hommes.
En revanche, les gains des hommes de la deuxième génération qui n'appartenaient pas à une minorité visible n'étaient pas différents de ceux des hommes issus de parents nés au Canada. En fait, selon l'étude, les gains des hommes issus d'un parent immigrant pourraient être plus élevés.