Second Cup va revoir sa décision

Devant la protestation d'un groupe de défense de la langue française et de plusieurs consommateurs, l'entreprise Second Cup va revoir sa décision d'avoir défrancisé sa bannière commerciale.

Critiquée par un groupe de défense de la langue française pour avoir défrancisé la bannière commerciale de certaines succursales montréalaises, l'entreprise affirme qu'elle repensera sa politique.

ll y a quelques années, Second Cup avait ajouté l'expression « Les cafés » sur ses enseignes. La chaîne de cafés a récemment retiré la mention de plusieurs enseignes de la région de Montréal.

Ce changement a suscité beaucoup de mécontentement chez des consommateurs et des groupes de défense de la langue française.

Jeudi, une cinquantaine de personnes du Mouvement Montréal français (MMF) ont manifesté devant une succursale de la chaîne à Montréal. Le MMF en a aussi profité pour lancer une opération baptisée « Tasse pas ma langue! », qui invite les consommateurs à « privilégier les commerces qui respectent l'environnement linguistique du Québec. »

Le Mouvement Montréal français a manifesté devant un Second Cup de Montréal Une cinquantaine de personnes du Mouvement Montréal français ont manifesté devant un Second Cup.

Le MMF a aussi indiqué qu'il pourrait porter plainte à l'Office québécois de la langue française. Jusqu'à présent, l'Office dit n'avoir reçu aucune plainte d'organismes ou de consommateurs concernant cette situation.

Le MMF affirme aussi détenir des informations voulant que Second Cup ait l'intention de défranciser ses enseignes partout au Québec. Selon des informations parues dans un quotidien montréalais, une préposée au service à la clientèle de la compagnie a justifié le changement par une volonté d'uniformiser les enseignes partout au Canada. Le MMF demande à Second Cup, au contraire, de renouveler sa raison sociale en la francisant complètement.

Devant la controverse, Second Cup a émis un bref communiqué jeudi, indiquant qu'elle prenait « acte des préoccupations formulées dernièrement par la communauté » et qu'elle allait revoir « la situation concernant notre affichage extérieur ».

Visage français déformé

Le président du MMF, Mario Beaulieu, dénonce la prolifération des raisons sociales en anglais. Selon lui, elle compromet le visage français de Montréal et s'ajoute à d'autres facteurs d'anglicisation et à l'exigence indue de l'anglais sur le marché du travail.

« Il faut susciter une mobilisation citoyenne massive pour contrer cette tendance. » — Mario Beaulieu, président du MMF

D'autres bannières visées

L'enseigne Second Cup n'est pas la seule visée par l'opération « Tasse pas ma langue! ». D'autres commerces à dénomination anglaise, tels que les cafés Starbuck sont aussi dans la ligne de mire du MMF.

Le mouvement veut inciter les commerces à dénomination anglaise à suivre l'exemple d'Esso. Sous la pression, la pétrolière a décidé, il y a quelques mois, de ne pas rebaptiser du nom de « On the run » ses 54 dépanneurs connus ici sous l'appellation de « Marché Express ».

Le MMF est convaincu que la pression populaire peut avoir un réel impact. Son président Mario Beaulieu rappelle « qu'un sondage a montré que 68 % des Québécois n'apprécient pas la présence des enseignes de langue anglaise ».

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