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Luc Lavigne
Les Québécois sont de plus en plus individualistes.
Un sondage mené par l'Indice relatif de bonheur montre qu'aucun projet collectif n'intéresse les Québécois, à l'exception de la souveraineté.
C'est ce que révèle la dernière enquête de l'Indice relatif de bonheur (IRB), intitulée Bonheur et société.
Les données et les constats de cette enquête de l'IRB montrent que le Québec change et se cherche.
Vive l'individualisme!
Selon Pierre Côté de l'IRB, le Québec se cherche, avec 74 % de ses habitants qui se considèrent plus individualistes qu'avant. De plus, 77 % d'entre eux ne voient plus de projet de société, la souveraineté mise à part. Le taux passe à 92 % chez les gens qui possèdent les revenus les plus élevés.
À cet égard, Pierre Côté n'hésite pas à employer l'expression « vide collectif ». Il faut dire que l'IRB révèle encore que 58 % des répondants croient que le Québec compte moins de leaders qu'avant. D'ailleurs, 28 % sont incapables d'en identifier un, dans quelque champ d'activité que ce soit.
« Ce vide collectif démontre bien que le Québec est à la croisée des chemins, qu'il flotte et se laisse porter, attendant, peut-être, l'arrivée d'un sauveur... ou d'un rassembleur », écrit Pierre Côté, propriétaire de Côté communication conseil.
Un page du site Internet de l'Indice relatif du bonheur
Le Québec dans 50 ans
Au moment où la commission Bouchard-Taylor bat son plein, l'IRB montre que 57 % des Québécois croient que les immigrants formeront la majorité de la population du Québec dans 50 ans. 42 % considèrent que l'on devrait obliger une partie des nouveaux immigrants à s'installer en régions.
Il est étonnant de constater que 33 % des répondants au sondage de l'IRB pensent que les habitants des régions sont plus xénophobes que ceux des villes. Ils sont plus nombreux à ne pas partager cet avis, soit 36 % des répondants.
Devant la montée du poids démographique des immigrants, les répondants croient que des initiatives gouvernementales et corporatives énergiques devraient favoriser une hausse du taux de natalité des Québécois. Les deux propositions les plus populaires sont :
L'environnement, une préoccupation passive
Les récentes données de l'IRB démontrent que les Québécois ont de la difficulté à traduire leur préoccupation environnementale en gestes concrets.
90 % d'entre eux avouent qu'ils pourraient faire plus que des petits gestes quotidiens pour améliorer l'environnement.
Par ailleurs, la problématique environnementale confronte 51 % des Québécois à leur impuissance.
Pourtant, les Québécois ne désespèrent pas. 76 % des répondants sont d'accord pour imposer une taxe sur les produits jugés nocifs à l'environnement.
Des leaders s'affirment...
Le souci environnemental des Québécois se reflète sur le palmarès des leaders de l'IRB. Ce dernier permet d'apprécier l'émergence de personnalités. On constate que sur les leaders qui occupent les 20 premiers rangs, quatre ont des préoccupations environnementales :
Fait étonnant, l'ancien premier ministre Lucien Bouchard, qui a quitté la politique il y a plusieurs années, fait encore sentir son influence avec une 5e position. De son côté, l'un des deux porte-parole de Québec Solidaire, Amir Khadir, occupe la 10e position.
... pendant que d'autres déclinent
Ce palmarès montre que d'autres politiciens sont en déclin. C'est le cas de Jean Charest, premier ministre du Québec, qui occupe le 4e rang avec 7,8 % des mentions. Le premier ministre du Canada, Stephen Harper, n'occupe quant à lui que la 26e position avec seulement 1,3 % des mentions. Quant à Stéphane Dion, il ne s'est pas classé avec seulement 0,3 % des mentions.
Ils sont tous trois très loin derrière Pauline Marois, classée 1ère avec 29,2 % des mentions, et Mario Dumont, au 2e rang avec 24,5 % des mentions.
Cette enquête a été réalisée du 18 juin au 19 septembre 2007 auprès de 1233 répondants. Sa marge d'erreur est de 2,7 %.