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Diana
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![]() La princesse Diana |
Une cérémonie à la mémoire de la princesse Diana, morte il y a maintenant dix ans, a lieu dans une atmosphère généralement sobre, vendredi.
La célébration est retransmise en direct par au moins deux chaînes de télévision, signe que le pouvoir télégénique de la princesse a, malgré tout, peu faibli.
Diana et son ami de coeur de l'époque, Dodi Al-Fayed, sont morts le 31 août 1997 dans un accident de voiture dans le tunnel du pont de l'Alma, à Paris.
L'office religieux, d'une durée d'une heure, est célébrée par le révérend Patrick Irwin. Les princes Harry, 22 ans, et William, 25 ans, doivent lire des hommages à leur mère. Le chef de l'Église anglicane, l'archevêque de Canterbury Rowan Williams, a écrit deux prières pour l'occasion.
À la veille de la célébration officielle du 10e anniversaire de sa disparition, bouquets de fleurs, photos et déclarations se multipliaient jeudi sur les grilles du palais de Kensington, la résidence londonienne de la princesse Diana, de son vivant.
Malgré le temps, la princesse Diana, aussi surnommée Lady Di, est devenue une sorte d'icône auprès de la population qui l'appelle encore aujourd'hui « la princesse du peuple ». Une réalité avec laquelle la famille royale et les autorités britanniques ont dû composer pendant 10 ans.
Invités triés sur le volet
La reine Élisabeth II, qui s'était vu reprocher son manque apparent d'émotion lors de la mort de Diana, figure en tête de la liste des invités au service religieux de vendredi en la Chapelle des Gardes, près du palais de Buckingham, à Londres.
Quelque 500 invités triés sur le volet assistent à l'office religieux, dont l'ex-époux de Diana, le prince Charles, et ses fils, les princes William et Harry. Le frère et les soeurs de Diana sont aussi présents, ainsi que le chanteur Elton John, plusieurs personnalités du monde artistique et plus d'une centaine de délégués représentant les oeuvres de charité dans lesquelles Diana s'était investie de son vivant.
Le premier ministre britannique Gordon Brown a été invité, tout comme John Major, qui était en fonction au 10 Downing Street au moment du mariage. Charles et Diana se sont séparés en 1992. L'ancien premier ministre Tony Blair, auteur de l'expression « princesse du peuple » au matin de la mort de Diana, est aussi présent à la cérémonie.
Le roman-feuilleton se poursuit
![]() Camilla Parker Bowles (archives) |
Camilla Parker-Bowles, devenue princesse de Cornouailles après son mariage avec l'héritier de la couronne d'Angleterre en avril 2005, n'assiste pas à la cérémonie. « Après réflexion, je pense que ma présence pourrait divertir l'attention de l'objectif réel de l'événement, qui est de se remémorer la vie et l'oeuvre de Diana », a expliqué celle qui fut la maîtresse de Charles et qui aurait été la source des déboires matrimoniaux du couple princier.
Par ailleurs, l'ancien majordome de Diana, Paul Burrell, n'a pas été invité. Le fait d'avoir rédigé deux livres de révélations-chocs a été considéré comme une « trahison ouverte et froide » par les princes William et Harry, qui organisent la cérémonie de vendredi. L'ancien secrétaire particulier de leur mère, Patrick Jephson, a aussi été exclu pour les mêmes raisons.
Le milliardaire égyptien Mohamed Al-Fayed, en froid avec la famille royale qu'il accuse régulièrement d'avoir comploté avec les services secrets pour assassiner son fils Dodi et Diana, n'a pas été invité à la cérémonie officielle. Les deux soeurs de Dodi Al-Fayed ont par contre été conviées à la messe.
Qu'à cela ne tienne, le propriétaire de Harrods a fait observer deux minutes de silence vendredi dans son grand magasin londonien, devenu un lieu de commémoration en l'honneur de la princesse et de son ancien ami de coeur. Des dizaines de bouquets jonchent le sol près du monument commémoratif et la statue du couple dansant, deux installations permanentes, ainsi que devant la vitrine aménagée en façade du magasin.
Plusieurs livres de condoléances sont à la disposition des passants, parmi lesquels de nombreux touristes venus de tout le Royaume-Uni, mais aussi du Sri Lanka, du Brésil, du Japon, du Koweït, de Croatie et d'Australie.
Un mythe en perte de vitesse
![]() Photo: AFP/THOMAS COEX La réplique de la flamme de la statue de la Liberté, à Paris, est devenu un lieu de recueillement à la mémoire de la princesse Diana. |
Ce 10e anniversaire, s'il a donné lieu aux traditionnels dithyrambes sur la princesse au destin tragique, a néanmoins permis à quelques voix discordantes de s'interroger sur ce qui reste du mythe Diana.
Ainsi, la féministe australienne Germaine Greer citée dans le Sunday Times estime que « l'héritage de Diana n'est rien de plus qu'une succession interminable d'adulation et de supputations dans les colonnes des journaux ».
Selon beaucoup d'observateurs de l'époque, la mort de Diana qui avait sérieusement endommagé l'image des Windsor, et en particulier de la reine, a obligé la monarchie britannique à se moderniser.
Mais comme l'écrit l'hebdomadaire The Economist: « À sa mort, [Diana] s'est immortalisée en « reine des coeurs », mais en vérité elle est devenue une reine de carnaval, monarque d'un désordre temporaire qui, une fois terminé, a laissé l'ordre ancien intact, voire renforcé ».
Selon le psychologue-anthropologue, Guy Lesoeurs, le public satisfait son côté « narcissique » et trouve des « repères » en perpétuant le souvenir de Lady Di.
Ce dernier a rédigé un mémoire sur le « pèlerinage » qui se poursuit toujours sur le lieu de l'accident de la princesse disparue à Paris.