Jean Charest tente de calmer le jeu

Jean Charest au congrès de la commission jeunesse du Parti libéral, à La Pocatière (archives) Jean Charest (archives)

Le premier ministre du Québec, Jean Charest, a rejeté les conclusions d'un sondage CROP, publié lundi par le quotidien La Presse, indiquant que 73 % des répondants sont inquiets des dérapages possibles dans les pratiques d'accommodements reliées aux différences culturelles.

Le premier ministre du Québec minimise l'importance d'un sondage révélant une inquiétude des répondants face aux pratiques d'accommodements culturels et invite la population à faire la part des choses.

De passage dans Bellechasse, M. Charest a déclaré que ces sondages n'apportaient rien au débat et a plutôt prêché la mesure et la prudence. « Il faut qu'on soit assez mature comme société pour éviter d'aller souffler sur les braises, ce n'est pas cela qu'on veut », a dit le premier ministre.

« Je pense que tout le monde a intérêt à ce qu'on puisse permettre un dialogue ouvert, avec un peu de recul, afin de faire la part des choses dans ce dossier. Il y a beaucoup de l'avenir du Québec qui se joue là-dedans », a-t-il ajouté.

Le sondage révèle aussi que seulement 28 % des personnes interrogées sont très ou assez convaincus que la commission mise sur pied par le gouvernement pour faire le point sur ces questions d'accommodements permettra de dissiper le malaise. La moitié des répondants disent avoir peu ou pas confiance. Ces consultations publiques, présidées par les intellectuels Gérard Bouchard et Charles Taylor, débuteront officiellement le 11 septembre prochain.

« De toute façon, je n'ai jamais pensé que la commission constituait une solution, a répondu Jean Charest. Elle a été mise en place pour aider les Québécois à mieux faire la part des choses dans le débat, et ensuite ce seront les Québécois qui trouveront des solutions. »

Selon le sondage réalisé au Québec et publié lundi, seulement 22 % des répondants ne craignent pas que les pratiques d'accommodement reliées aux différences culturelles « dérapent et deviennent hors de contrôle ». Du reste, 6 personnes sur 10 se disent beaucoup ou assez préoccupées par la question.

La ligne de Dumont

L'ADQ veut régler le dossier des accommodements raisonnables. Lors de la dernière campagne électorale, Mario Dumont a proposé la création d'une constitution et d'une citoyenneté québécoise afin d'« asseoir nos valeurs communes ».

La position sur les accommodements raisonnables prise par Mario Dumont lors de la dernière campagne électorale semble susciter plus d'appuis que d'hostilité chez les Québécois.

Sur cette question, 46 % des répondants au sondage CROP considèrent que « Mario Dumont agit de façon responsable en exprimant l'inquiétude des Québécois au sujet de l'immigration ». D'un autre côté, 38 % croient que le chef adéquiste « exploite l'inquiétude des Québécois au sujet de l'immigration à des fins purement partisanes ».

D'autres résultats de ce sondage:

  • 56 % des personnes interrogées jugent que le Québec ne devrait pas accueillir plus que les 45 000 immigrants qu'il reçoit chaque année.
  • 39 % sont d'avis que le Québec a besoin d'accueillir le plus d'immigrants possible pour conserver sa croissance économique et combattre le déclin démographique.
  • 55 % des Québécois ne croient pas que le nationalisme québécois est une source de malaise pour les immigrants (36 % jugent qu'il l'est).
  • 51 % des répondants affirment qu'il est souhaitable d'exclure toute trace du religieux dans l'ensemble des institutions publiques, contre 47 % qui estiment qu'une telle chose serait non souhaitable.

MéthodologieLe sondage CROP-La Presse repose sur 601 entrevues téléphoniques réalisées du 17 au 20 août 2007. Il est précis à 4 points près, 19 fois sur 20.