Une enfant menacée

Oumou Touré ne veut pas être expulsée en Guinée de crainte que sa petite fille de 2 ans ne soit excisée.

Une coalition d'organisations humanitaires regroupées autour de l'Église unie du Canada demande au Canada de ne pas expulser une jeune Canadienne vers la Guinée. Selon ces organismes, Fanta Touré, 2 ans, sera probablement excisée une fois arrivée dans ce pays d'Afrique occidentale.

Des organisations humanitaires font pression sur Ottawa pour empêcher l'expulsion de la mère d'une enfant de deux ans vers la Guinée, où la fillette risque d'être excisée.

La mère de Fanta, Oumou Touré, doit être expulsée au début du mois de juillet vers la Guinée.

La femme de 23 ans est venue chercher refuge au Canada en 2004. Elle a donné naissance à une petite fille. Elle a aussi un fils né ici. Ottawa lui a refusé une demande de résidence permanente pour raisons humanitaires. La demande faisait valoir que la petite Fanta risquait d'être excisée et mentionnait d'autres raisons.

Selon les rapports de l'Organisation mondiale de la santé, du secrétariat d'État américain ou d'Amnestie internationale, le taux d'excision en Guinée varie de 96 à 99 %. L'UNICEF évalue même à 97 % la proportion des femmes de moins de 19 ans qui ont subi des mutilations génitales.

Pour Richard Goldman, du Comité d'aide aux réfugiés de Montréal, il est inconcevable que le Canada expulse cette famille vers la Guinée, comme il menace de le faire. « Donner à cette jeune mère le choix impossible soit de laisser son enfant sans parent au Canada soit de l'amener à une forme d'abus, presque de torture, ce n'est pas un choix humanitaire », dit-il.

L'Église unie et le Comité d'aide aux réfugiés demandent à la ministre fédérale de l'Immigration, Diane Finley, d'intervenir pour permettre aux Touré de rester au Canada.