La grève des employés d'entretien de la Société des transports de Montréal (STM) a piqué les blogueurs montréalais.
Les blogueurs ne se gênent pas pour manifester et pour expliquer sur le web le mécontentement que la grève des employés d'entretien de la Société des transports de Montréal suscite.
Le journaliste Patrick Lagacé se demande si les employés des transports publics devraient avoir le droit de grève.
D'abord, il fait valoir que ni les flics ni les pompiers ne peuvent faire la grève. Il poursuit en écrivant: « J'émets la prémisse suivante: l'autobus et le métro sont des services essentiels, irremplaçables pour tellement de gens qu'ils ne devraient jamais être perturbés par des conflits de travail. »
Il suggère de faire trancher les problèmes par un arbitre ou par un comité de sages.
Pas de respect pour les grévistes
La plupart des internautes ne se posent pas cette question. Il se prononcent, en général, contre la grève des employés d'entretien de la STM.
Le blogueur Pascal Charest, lui, a perdu tout respect « pour ces êtres égocentriques ». « Comment les prendre aux sérieux, écrit-il, alors que leurs décisions sont empreintes d'un manque de jugement si flagrant? Si, au moins, c'était pour une cause noble! ... Non, même pas: "Offre pécuniaire ". Ils veulent plus de "cash"! C'est certain qu'à 25 $/h (source: CSN, StatCan), on (sic) fait pitié. »
Il poursuit en montrant à quel point cette grève affecte son travail de consultant en informatique et sa vie en général. Pour lui, cette grève est aussi un coup dur contre l'environnement. Il s'en prend finalement au Conseil des services essentiels « qui plie à la volonté de gamins des employées d'entretien et qui décrète des plages de fonctionnement totalement loufoque. »
Tommy, un autre travailleur autonome, répond à Pascal Charest. D'abord, il lui dit que, comme lui, son horaire d'activités est grandement perturbé (gym, par exemple). Puis il écrit: « Je veux comprendre comment, moi, je peux être heureux avec une instabilité financière, un revenu couci-couça et tous les soucis administratifs que demande le travail autonome alors qu'eux veulent plus de « money-money » dans leur 'tit portefeuille alors qu'ils ont à nettoyer et à assurer le bon fonctionnement de métros et d'autobus... C'est RI-DI-CULE! »
Impact de la grève sur l'économie et l'environnement
François Rousseau, sur son blogue, se prononce contre cette grève. « Cette grève va avoir plusieurs impacts négatifs sur l'économie, le tourisme et l'environnement, » résume-t-il. Après quoi, il en explique l'impact sur ces trois points.
Il termine son texte en invitant les gens à discuter de ce sujet important.
Des chiffres pour comprendre
Le chroniqueur et rédacteur en chef adjoint du magazine Jobboom, Éric Grenier, répond à Simon, un internaute qui lui a demandé des chiffres pour comparer le salaire horaire des employés d'entretien de la STM à celui de leurs homologues d'autres sociétés de transport.
Il appert, d'une part, que le taux horaire des mécaniciens et des employés d'entretien de la STM les classent au troisième rang après ceux des sociétés de transport de Laval et de Québec. D'autre part, « les employés de la STM, poursuit M. Grenier, peuvent prendre leur retraite selon le « Facteur 80 », soit le nombre d'années de service plus l'âge. À Laval, il faut attendre au minimum à 63 ans, et à Longueuil, ils sont sous le « Facteur 90 », donc, moins avantageux. »
Beaucoup de réactions
Un usager lit le message de grève affiché par la STM.
Son billet a suscité 22 commentaires. Parmi ceux-ci, celui de Frédéric Filiatrault qui se demande: « Il faut combien d'années d'études universitaires pour être préposé à l'entretien à 20,99 $ de l'heure?, » avant de conclure: Pas croyable... »
De son côté, Mélanie Robinson s'insurge: « Peu importe les raisons, rien ne justifie de prendre la population en otage de cette façon... » Elle poursuit en disant qu'elle doit réduire ses heures de travail, sans expliquer les raisons de cette décision.
Michel Nelson, lui, ironise sur la prise de position d'Éric Grenir: « Bien sur M. Grenier, tous (sic) travailleurs devraient être au salaire minimum et tous travailleurs (sic) devraient crever de faim à sa retraite. ... Ben oui, tous au salaire minimum, yé! »
Annie Corbeil affirme: « Il y a bien des gens qui ont fait des études universitaires et qui ne gagnent même pas la moitié du salaire d'un employé d'entretien de la STM. »
L'internaute peut trouver d'autres commentaires sur Internet en tapant « blog+grève+stm » dans un moteur de recherche.