Infirmier
Un procès risque d'avoir un dénouement retentissant en France.
Le procès de deux professionnelles de la santé, accusées d'avoir donné la mort à une femme atteinte d'un cancer en phase terminale, secoue la France.
Depuis lundi, une femme médecin, Laurence Tramois, et l'infirmière Chantal Chanel sont accusées d'euthanasie devant la Cour criminelle de Dordogne.
Ce procès relance le débat sur cette question névralgique en France.
Ces femmes sont-elles des empoisonneuses?
Les deux femmes font face à des accusations d'empoisonnement. En août 2003, une femme de 65 ans, Paulette Druais, se trouve à l'hôpital de Saint-Astier, souffrant d'un cancer du pancréas en phase terminale.
Le soir du 23 août, Mme Druais est dans un coma douloureux. La Dre Tramois lui prescrit alors une piqûre de chlorure de potassium. L'infirmière Chantal Chanel donne l'injection mortelle au cours de la nuit.
L'hôpital porte le cas devant la justice. La famille de la défunte, elle, dit avoir compris le geste des deux femmes soignantes. D'ailleurs, la malade elle-même avait souhaité qu'on abrège ses souffrances.
Le fils de Mme Druais regrette que les accusées soient traitées comme des criminelles et demande leur acquittement.
La loi du flou
Une loi votée en 2005 autorise les médecins français à mettre un terme aux traitements, mais pas à aider directement un patient à mourir. De nombreuses associations dénoncent la confusion de cette loi.
Cela n'a pas empêché l'Ordre national des médecins de France de qualifier le geste des deux femmes d'empoisonnement volontaire. Il faut dire que le code de déontologie médicale est clair sur la question de l'euthanasie.
Des « euthanasieurs » se dévoilent
La semaine dernière, 2134 professionnels de la santé ont déclaré, dans un manifeste, avoir « aidé des patients à mourir avec décence ». En pleine campagne présidentielle, ils réclament:
La candidate socialiste à la présidentielle, Ségolène Royal, et le candidat de l'UMP, Nicolas Sarkozy, se disent prêts à une nouvelle réforme sur l'euthanasie. Cependant, aucun des deux ne se prononce sur son contenu. Jean-Marie Le Pen, de son côté, refuse l'euthanasie médicalement assistée.
Le verdict devrait être rendu vendredi. Les deux femmes encourent jusqu'à 30 ans de réclusion.
Un procès, pourquoi?
La presse française s'interroge sur le sens de ce procès et se demande si ce n'est pas « un procès pour faire jurisprudence ».
Car l'infirmière Chantal Chanel continue de travailler à l'hôpital de Saint-Astier. Quant à la Dre Tramois, elle a été forcée par l'hôpital de partir. Mais, selon elle, l'institution lui demande toujours d'assurer des gardes de nuit et de week-end.