Les femmes plus touchées

Femme

Deux fois plus de femmes que d'hommes qui travaillaient en 2002 avaient souffert de dépression au cours de l'année précédente.

Une étude de Statistique Canada révèle que les femmes qui travaillaient en 2002 étaient deux fois plus susceptibles d'avoir souffert d'un épisode de dépression que les hommes au cours des 12 mois précédents.

C'est ce que révèle une étude intitulée La dépression et les problèmes au travail, publiée par Statistique Canada.

5,1 % des travailleuses sondées contre 2,6 % des travailleurs avaient souffert de dépression au cours des 12 mois qui précédaient l'enquête.

L'étude précise, en outre, que 489 000 travailleurs canadiens (3,7 %) de 25 à 64 ans avaient vécu un épisode dépressif.

Travail et dépression

79 % des travailleurs ayant souffert de dépression au cours de l'année qui a précédé l'étude ont déclaré que les symptômes avaient nui à leur capacité de travailler. 19 % d'entre eux reconnaissaient avoir connu des troubles très sévères.

La moyenne des jours d'incapacité totale à accomplir leur tâche chez les travailleurs souffrant de dépression était de 32.

Un certain nombre de facteurs liés à l'emploi sont associés à un taux élevé de dépression:

  • personnes qui font le quart de soirée ou celui de nuit: 5,6 %
  • personnes qui travaillent moins de 30 heures par semaine: 5,7 %
  • travail stressant: 6 %
  • secteur des ventes et des services: 4,6 %
  • cols blancs: 3,9 %

Les travailleurs déprimés sont plus susceptibles d'avoir des problèmes au travail. Environ 29 % des travailleurs qui ont vécu un épisode dépressif ont réduit leurs activités au travail par suite d'un problème de santé de longue durée, contre seulement 10 % des travailleurs sans antécédents de dépression.

En outre, 13 % des travailleurs ayant souffert de dépression ont déclaré avoir gardé le lit au moins un jour au cours des deux semaines précédant l'enquête pour des raisons émotionnelles ou de santé mentale ou en raison de l'usage d'alcool ou de drogues, contre seulement 1 % des travailleurs sans antécédents de dépression.

Gens seuls, pauvres et dépendants

Les gens divorcés, séparés ou veufs sont plus susceptibles de vivre un épisode de dépression (7,5 %) que les célibataires (5 %) ou les gens mariés ou vivant en union libre (3 %).

De plus, le revenu du ménage influe aussi sur la dépression. 4,7 % des personnes appartenant à un ménage dont le revenu est faible ou moyen ont avoué avoir connu la dépression au cours des 12 mois qui ont précédé l'enquête, contre 3,4 % pour celles faisant partie des ménages dont le revenu est supérieur.

Enfin, deux fois et demie plus de personnes souffrant d'une dépendance à l'alcool ou à la drogue ont souffert de dépression (9,3 %) que celles qui n'en souffraient pas (3,6 %).

Selon Statistique Canada, les résultats de cette étude confirment ceux d'autres recherches selon lesquelles plusieurs éléments cruciaux du rendement au travail, comme la gestion du temps, la concentration, le travail d'équipe et la production globale, sont particulièrement vulnérables aux symptômes dépressifs.

À l'échelle mondiale, on estime que les répercussions de la dépression sur le rendement au travail sont plus importantes que celles des problèmes de santé chroniques comme l'arthrite, l'hypertension, les maux de dos et le diabète.
Au Canada, les pertes de productivité attribuable à la dépression ou à une combinaison de dépression et de détresse étaient estimées à 2,6 milliards de dollars en 1998.
Source: Statistique Canada

En complément